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Dons de la Nature

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Lorsque l’on évoque la gastronomie japonaise, on pense bien souvent à ce que le pays a à offrir en termes de poissons et autres fruits de mer. Toutefois, un autre produit de grande réputation, mais quasi-introuvable en Europe, fait couler beaucoup d’encre et de salive : le boeuf wagyu, appellation regroupant diverses races bovines. Celles-ci sont utilisées pour leur propension à fournir une viande très marbrée, donc riche en graisse intra-musculaire, qualité très recherchée. Si l’exemple le plus souvent cité est celui du boeuf de Kobe, d’autres régions comme Matsusaka ou Kagoshima sont tout aussi réputées pour leur production bovine.

Pourtant, après avoir caressé le rêve de goûter à ce produit légendaire, je m’étais résigné à laisser cela pour une prochaine ça, ayant du mal à me faire à l’idée de dépenser des sommes folles pour un “simple” steak. Puis, lors d’un dîner au ryokan Iwaso, nous fut servi un sukiyaki à base d’un boeuf très marbré. La première bouchée passée, je me rendis compte de mon erreur : je ne savais pas quand je reviendrai au Japon, il fallait donc que je déguste un steak avant de quitter le pays.
Comme il m’avait été de toute façon impossible de réserver pour Kawamura, qu’un post de Gastroville m’avait fait connaître, j’hésitais entre deux autres noms réputés de la scène tokyoïte : l’illustre Aragawa ou le moins connu Dons de la Nature. Après consultation de diverses sources sur internet, c’est pour ce dernier que je me décidai alors de réserver. Et grand bien m’en a pris.
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Sawada

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Cela fait plus de 4 mois que nous sommes revenus du Japon, et je n’ai pas encore tout à fait terminé les chroniques des restaurants visités. Certes, il y a une bonne donne de paresse derrière tout ça, couplée à un changement de vie qui ne m’a pas aidé à prendre le temps pour cela. Mais, quelque part, je crois aussi que je traîne un peu car, tant que je n’en ai pas terminé avec ces billets, c’est comme si j’étais encore un peu à Tokyo, à savourer éternellement ces repas d’exception.

Il en est certains qui sont inoubliables. Ceux qui donnent un peu plus l’envie de se lever le matin et d’aller bosser, parce qu’on sait qu’au bout du bout, la compensation, c’est celle-là. Ils sont rares, évidemment, les repas qui comptent à ce point. Et finalement, je me retrouve parfois à aller au restaurant tel le junkie se perdant dans une quête, le plus souvent vouée à l’échec, consistant à retrouver l’émotion de la première fois. Au fil du temps, on ne s’attend plus à ce que cela arrive. D’autant que je suis un blasé de nature. Alors quand un repas bouscule tous les repères et constitue une vraie expérience “next level”, c’est le nirvana.
Sawada fut un de ceux-là.
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Aronia de Takazawa

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S’agissant des réservations de restaurants lors de notre séjour au Japon, j’avais souhaité mettre l’accent sur ceux offrant, tant que faire se peut, quelque chose d’inaccessible en France. J’avais donc, évidemment, mis l’accent sur ceux qui touchaient aux produits de la mer, et notamment, mais pas uniquement, sous forme de sushi.

Pourtant, l’une de mes premières réservations fut à Aronia de Takazawa. Il s’agit d’un micro-restaurant de deux tables, accueillant donc un maximum de 8 convives par soir, et avec menu imposé, le seul choix étant celui du nombre de plats. Ce qui m’y a amené ? Un certain culte semble voué à son chef, au Japon, les photos du site m’avaient intrigué… et des commentaires élogieux lu cà et là avaient fini par me convaincre.
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Sushiso Masa

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L’un des repas que j’attendais avec le plus d’impatience ! Au contraire d’autres restaurants de sushi tokyoïtes, Masa est pour ainsi dire inconnu en occident. Aucune référence dans les guides, Michelin y compris. J’avais toutefois lu de belles éloges à son propos sur Chuckeats, qui m’ont décidé d’y réserver.

L’arrivée dans le lieu fut plus intimidante qu’à Kyubey : quelques marches pour descendre dans un sous-sol anonyme, une porte à franchir, et l’on débouche dans une salle éclairée par une lumière plutôt crue et où l’espace sonore n’était rempli que par le vrombissement de la ventilation. On ne nous demande même pas si l’on a réservé, et l’on s’installe au comptoir, pouvant accueillir un maximum de 8 personnes.
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Nabura

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Nabura, ça n’était pas tout à fait mon idée, mais celle d’Akiko du restaurant Aronia de Takazawa, qui me l’avait chaudement recommandé. Un petit coup d’oeil sur ce qui s’en disait sur internet avait fini de me convaincre de réserver une table là-bas.

Le restaurant se situe à Roppongi, dans un quartier guère avenant. Toutefois, dès que l’on rentre, après avoir descendu quelques marches, on découvre une petite oasis de volupté. Tout, du petit passage de l’entrée aux saveurs des plats, de la vaisselle aux kimono du personnel de salle en passant par la musique diffusée dans le restaurant y est d’un raffinement extrême.
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