Isami le 12/09/2008
Un an s’est écoulé depuis notre première visite chez Isami, ce restaurant de poisson crus japonais situé sur l’Île Saint-Louis et très apprécié des connaisseurs. Et entre temps, un passage chez Sushi Yasuda à New York nous avait permis de goûter à l’état de l’art en la matière.
La question qui nous taraude : peut-on encore manger des sushis à Paris et se régaler ? Faut voir…
Question ambiance et service, rien n’a changé. Allez, disons que le serveur principal (difficile de parler de maître d’hôtel ici, vu qu’il s’agit d’un sushi bar) était peut-être un peu plus enjoué et sympathique que la dernière fois. Pour autant qu’il puisse se permettre de l’être, avec cette retenue très japonaise, et un rien de
chafouinerie cependant.
Les entrées sont excellentes, à l’instar de cet émincé de chinchard au gingembre qui avait déjà fait notre bonheur, mais également la dorade grillée à la sauce soja. A manger, c’est périlleux : parvenir à désolidariser la chair du poisson des arêtes avec ses baguettes, dans un petit bol, sachant que le tout baigne dans une délicieuse sauce au soja n’était pas un mince exploit. Notez bien que ça en valait la peine !
Mais le nerf de la guerre, ici, ce sont évidemment les sushis. On reprend le même assortiment que la fois précédente : une quinzaine de pièces de sushis et makis. J’y ajoute deux suppléments : un sushi « toro » (thon gras) et un « uni » (oursin, a priori hors saison, mais ils en avaient reçu le jour même et j’adore ça !). Le poisson est toujours très frais, les sushis bien réalisés, même s’ils ont une fâcheuse tendance à se désunir au sortir de la trempette dans la sauce shoyu. Le wasabi est bien dosé, j’en aurais peut-être même mis un peu plus sur certains. Le but du jeu n’est toutefois pas non plus d’emporter la bouche, mais d’apporter le contrepoint vivifiant à la chair crue du poisson et au riz.
Mais mais mais, tout ça manque d’allant, de magie. Par comparaison à la jouissance stupéfiante qui nous
aura frappé à chaque bouchée chez Yasuda, la douce mollesse de ce repas satisfait sans jamais vraiment
ravir. Faut il y voir le reflet de l’âme qui anime de ces villes ? La fougue impétueuse new yorkaise versus le calme romantisme parisien ? Oui, c’est tiré par les cheveux. Et finalement, un repas agréable et inoffensif, ça permet de mieux se concentrer sur ce qui se passe autour. Et là, en cette soirée papale et ses cortèges de croyants, sympathisants, badauds, illuminés, le quartier prenait une autre dimension. Alors certes, j’adore New York, je suis tombé raide dingue de Yasuda, mais cette passion adultérine ne me fera pas moins aimer
Paris !
Ah, et alors, est-ce que l’on peut manger des sushis à Paris ? Disons que chez Isami ça reste tout de même très bon. Et il y a plein d’autres adresses à découvrir, que ça soit dans la rue Saint-Anne, par exemple (Korin…) ou ailleurs (Comme des poissons…). A tout le moins, ça permet de sustenter son envie de poisson cru en attendant le prochain voyage aux USA, voire au Japon!



