[miam035] Cinq Mars
Cela faisait un moment que le Cinq Mars me faisait de l’oeil. Quelques belles éloges de ci de là l’an passé, à quelques pas du boulot, et plusieurs fois, l’hésitation d’y entrer, pour finalement me raviser au dernier moment.
Je m’y suis finalement rendu aujourd’hui, décidé, malgré ma fatigue et mon peu d’appétit. Idée excellente, confortée par la vue de la carte du jour, avec un boudin noir/purée de pommes de terre en plat principal. Ni une ni deux, sans même jeter un coup d’oeil au reste du menu, j’entre.
12h30, seules quelques tables sont occupées, on m’installe sans problème. Ambiance cadres moyens : costumes, boutons de manchettes et roulage de boules sur BlackBerry font partie du décor. C’est probablement légèrement différent au dîner. Décor type bistro vieillot-branchouille, en somme une belle illustration de la mouvance “bobo”. Un style atelier qui correspond à mon idée d’un restau franchouillard NYC, moins à celle d’un établissement de l’étroite rue de Verneuil. Une musique type “electro-lounge” s’engouffre dans l’espace sonore laissé libre par le peu de clients alors présent, et renforce l’impression générale.
Pour autant, tout ça n’est pas désagréable. Surprenant, plutôt, car la carte, par un certain classicisme bistrotier, contraste clairement avec cette ambiance gentiment hip. Mon choix se fait rapidement : une formule à 17 EUR pour plat + dessert. Le boudin noir / purée de pomme de terre, c’est du classique, du solide, on connaît. Et rien à dire, lorsqu’il arrive, on sent déjà que c’est sérieux. Difficile d’en faire un plat graphique sans en altérer la substance. Pourtant, la présentation est ici soignée, le morceau de boudin reposant bien mollement sur un lit de purée conséquent, un peu de vert pour la couleur, quelques grains de sel et de poivre moulus habilement disposé sur l’assiette : on retrouve là le même esprit faussement négligé et fripon que dans la déco ou le physique des serveurs.
Mais l’important, c’est le goût. Boudin : très bien, savoureux, pas écoeurant, l’oignon bien dosé, bon comme du boudin, donc. La purée : costaude, roborative, l’accompagnement idéal pour ce plat. C’est donc sans surprise, c’est exactement comme il faut : lisez donc “fantastique” si vous êtes amateur de ce mets.
En dessert, aujourd’hui, c’est une pomme rôtie à la cannelle et au miel. Accompagnée d’un peu de crème fouettée, elle s’avère particulièrement savoureuse. Pas de quoi en faire un boudin (ha !), mais ça n’est pas le but ici.
Etant seul, je me suis contenté d’un vin au verre (un saint-nicolas de bourgueuil 2006 non identifié, 4,5EUR) qui remplit honnêtement son office. Je n’ai donc parcouru que très brièvement la carte des vins, qui semble bien étudiée en termes de prix et de domaines représentés… savoir qu’on peut aller boire du Gramenon à deux pas du boulot, c’est rassurant.
J’aurais aimé dire un mot du service, mais n’ayant pu ne serait-ce que croiser le regard d’un de ces deux jeunes hommes à la barbe de trois jours savamment étudiée, je me contenterait de supposer qu’ils étaient bien occupés car à 12h45, la salle était pleine. Et si ce fut minimaliste de ce côté là, on ne peut pas dire que c’était désagréable non plus. Ca fait peut-être également partie de l’ambiance, allez savoir !
Ah oui, un dernier bon point, le café : ils servent du Illy, pas forcément de quoi sauter au plafond ou aller embrasser le chef, mais c’est mieux que la moyenne. C’est facturé 2,50EUR… je crois que je me fais vieux moi aussi avec mes souvenirs du café à 6FRF…
A l’inverse de ce que l’on trouve chez la proche Folle Avoine, on déguste donc au Cinq Mars une cuisine très classique dans un décor vaguement tendance. Ca va droit au but, et les formules du déjeuner sont d’un très bon rapport qualité-prix : une bonne adresse.
Au déjeuner : formules à 17EUR et 21EUR.
A la carte, compter 35 à 50EUR.
Cinq Mars
51 rue de Verneuil
75007 Paris
01 45 44 69 13
M° Solférino (L12), RER C Musée d’Orsay
