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[miam027] Spuyten Duyvil

Friday, June 13th, 2008

Si vous ne savez pas quoi faire ce soir, ce week-end, la semaine prochaine voire durant les quelques années à venir, prenez un billet aller-simple pour NYC, empruntez la ligne L ou G, selon l’endroit où
vous vous trouvez, descendez à Bedford Ave ou Metropolitan Ave, puis foncez directement jusqu’au 359, Metropolitan Ave. Voilà, vous êtes dans Brooklyn à Williamsburg plus précisément et devant vous, c’est le Spuyten Duyvil. De l’extérieur, ça ne paie pas de mine. A l’intérieur ? C’est le Pérou.

C’est tout simplement le “meilleur bar du monde” (titre que je leur ai mentalement décerné après le deuxième litre). Et même si ça n’est pas le cas, c’est un sacré coin de paradis pour tout amateur de bière normalement constitué… et pour les autres aussi. Je m’explique.

La carte, ou plutôt les adroises, tout d’abord. Il y a du vin (au verre, en bouteille), mais on n’est pas là pour ça. La grande spécialité de la maison, c’est la bière, et il y a de quoi faire.
Mieux encore, alors que je patientais devant le bar, attendant que l’on prenne ma commande, je ne pouvais m’empêcher de jubiler intérieurement. Pressions, fûts, bouteilles, raretés… toute la
sélection est tip-top : on retrouve tous ses breuvages préférés, des choses que l’on a toujours voulu goûter sans en avoir l’occasion, et de l’inconnu. Excitant, mais également rageant finalement : impossible de goûter à tout ce que l’on voudrait en une soirée ! Le nombre de bières à la pression est volontairement limité à une demi-douzaine : cela permet de varier la sélection régulièrement, et
de garantir une certaine fraîcheur sur l’ensemble de la gamme. Il y en avait ce soir là pour tous les goûts, dans tous les registres, de la Pilsner douce, crémeuse et houblonnée à la Stout bien plus corsée. Un cidre du Pays d’Auge (ma région !), pas mauvais quoiqu’un petit poil doux à mon goût, mais meilleur qu’à peu près tout ce que l’on trouve dans la grande distribution en Île-de-France.
Une ou deux bières sont proposées en fûts, c’est également l’occasion d’en profiter, car il n’y a pas de bar en proposant à Paris à ma connaissance.
En bouteilles… une bonne centaine de références à vue de nez. L’Europe et plus particulièrement la Belgique sont à l’honneur, ce dernier pays faisant d’ailleurs l’objet d’une déclinaison sous l’angle Flandres/Wallonie (+ Lambic, également et fort justement isolés). Belle sélection anglaise et américaine, mais aussi des pays plus exotiques : Japon, Italy, Suède, et même Sri-Lanka ! Last but not least, l’ardoise des “raretés”… proposées à des tarifs plus élevés (~15-25$) et quasi-uniquement en bouteilles de 75cL. J’eu l’occasion de déguster une Alaskan Smoked Porter, dont le goût fumé
était moins puissant que la Rogue Smoke dégustée une semaine plus tôt à la Blind Tiger Ale House, et contrebalancé par un arôme chocolaté fantastique.

Le service, par ailleurs, est excellent. On a affaire à des connaisseurs. Du moins, le type m’ayant servi toute la soirée savait visiblement de quoi il parlait et a réussi à me surprendre agréablement. A l’opposé de l’image du “beer nerd” bourru et taciturne, le jeune homme met à l’aise, discute, et sort LA bière que l’on voulait sans vraiment le savoir (“let’s work this out together as a team, right?”, très américain, mais là, ça n’est pas du vent, finalement). Possibilité de goûter gratuitement les pressions/cask avant de choisir. La verrerie est adaptée à l’optique “dégustation” : les verres type “verre à vin” utilisés permettent de mieux apprécier les arômes. Une bière offerte par la maison, ça fait aussi toujours plaisir… il faut dire que ma consommation dépassait sûrement allégrèment la moyenne de la clientèle + deux écart-types.

Ah oui et le cadre, l’ambiance, dans tout ça ? Ici aussi, on touche au génial. La clientèle est williamsburgienne : bobo, branchouille, d’un hétéroclisme homogène (pas sûr de vraiment me faire comprendre, là…). Je serais tenté de dire qu’en bon “Parisien” je me retrouve en terrain connu. Le juke-box diffuse une sélection de morceaux plutôt oldies, qui sied bien à l’établissement décoré façon fausse récup’ de brocante. On imagine toutefois que tout cela a été pensé ; ça a été suffisamment bien fait pour que ça ne choque pas. Au fond, une grande terrasse dans une cour intérieure attire du monde les soirs de beau temps. Enfin, cerise sur la gâteau, les proprio de l’établissement ont trouvé la formule magique permettant d’éviter les tags à l’intérieur des toilettes. De grands tableaux d’ardoise, quelques grosses craies, chacun peut laisser libre court à son expression, la bite dans une
main, la craie dans l’autre. Ou, en censeur autoproclamé, s’amuser à tout effacer le cul à l’air, aussi. Original ? Je ne sais pas. Astucieux ? Assurément !

Alors certes, sous ses faux airs de petit bar de quartier, on assiste au Spuyten Duyvil à une démonstration de cool savamment organisée, mais j’ai l’impression que ces mecs ont absolument tout compris. Un peu comme le gosse qui, à Disneyland, se fiche de savoir que dans le costume de Mickey, c’est Roger le poivrot ou Roberta le transsexuel, je considère ce bar comme mon parc d’attraction préféré, le genre qui pourrait me faire déménager sur place si j’habitais là bas. Et qui sait..?

En résumé, “faut-il y aller ?” : oui, bien évidemment. Allez-y, et au passage, profitez en pour découvrir New York s’il vous reste du temps, c’est une ville formidable !

Spuyten Duyvil
359 Metropolitan Avenue, Williamsburg
Brooklyn, NY, USA
718-963-4140
http://www.spuytenduyvilnyc.com

[miam008] Caves à bières parisiennes

Friday, November 30th, 2007

Boisson fédératrice s’il en est, la bière est aussi bien consommée par les élites (moi) que par sa plèbe (vous). Cependant, de la bière de chantiers – idéale pour s’enivrer pas cher – aux plus fins breuvages venus des quatre coins du monde – idéaux pour s’enivrer plus cher mais en faisant plaisir au palais – il y a un pas. On commence généralement à le franchir en cherchant quelque chose de différent dans les rayons de sa grande surface préférée… lesquels recèlent parfois d’excellentes surprises, à côté des classiques et néanmoins très bonnes Chimay ou Duvel, largement distribuées.

Ma curiosité et ma quête du bon goût m’ont poussé à faire le tour dans les caves à bières parisiennes. Ca a été assez vite fait, à vrai dire, ils ne sont que trois à ma connaissance (et à la connaissance des dits cavistes également).

- La Cave à Bulles

Celui-ci est le plus récent. La Cave à Bulles a ouvert ses portes en juillet 2006, et Simon Thillou, son propriétaire, y propose un très vaste choix de bières artisanales françaises. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il a tout, car ça n’est effectivement pas le cas, mais les références sont extrêmement nombreuses et pointues. M. Thillou est de bon conseil, connaît manifestement très bien ses produits, et saura conseiller les indécis.
Son magasin, situé en plein centre de Paris, est spacieux et bien présenté, même si cela manque un petit peu de charme.
Un petit coin est dédié aux bières étrangères (belges, notamment), mais il s’agit plus de quelques références présentes par conviction sur la qualité du produit et histoire d’avoir quelque chose à proposer en marge des françaises.
Les prix restent raisonnables pour la capitale, mais compter tout de même un peu plus de 2 EUR pour une canette de 33cL.

http://www.caveabulles.fr
01 40 29 03 69
45, rue Quincampoix
75004, Paris

- La Soif du Malt

Autre lieu, autre ambiance. Ce magasin situé entre le XIe et le XIXe arrondissement ne paie pas spécialement de mine. Il serait facile de passer à côté, tant la devanture est tristouille… heureusement, un panneau Chimay annonce la couleur.
Le choix est plus centré sur les bières belges, même si quelques allemandes et françaises sont vendues, ainsi que les bières
canadiennes Unibroue.
On retrouve les indispensables classiques : Chouffe, Saint-Feuillien, Maredsous, Moinette, mais aussi et surtout Triple Karmeliet, Rochefort, Westmalle ou même les Bons Voeux de la Brasserie Dupont…
C’est donc une vraie petite caverne d’Ali Baba, version belge avec du gras au bide et du rose aux joues pour les trésors et version Russie soviétique pour la présentation.
Effectivement, l’intérieur du magasin fait très Europe de l’Est, avec quelques étagères métalliques, pas toujours pleines, et le peu de déco plus que défraîchi. Figure également un frigo, toujours très pratique lorsque l’on va prendre l’apéro chez des potes et que l’on a envie de boire sa bière à température acceptable. Derrière le comptoir, une “arrière salle” (en fait à peine séparée par un petit rideau) où se rejoignent les amis du patron pour déguster quelques (dizaines de) bières durant les heures d’ouverture. On aimerait faire partie du cercle, voire ouvrir son propre magasin pour les imiter…
Les prix sont en moyenne peut-être légèrement plus élevés qu’à la Cave à Bulles, mais les bières belges présentes sont en moyenne plus alcoolisées, la différence peut se trouver là.

http://www.lasoifdumalt.com
01 43 57 39 15
77 rue Saint-Maur
75011 Paris

- Bootlegger

Mon préféré. C’est le dernier dans lequel je me suis rendu après être arrivé à Paris, mais j’y reviens depuis très (parfois trop !) réguilèrement. Question de proximité avec mes lieux de travail et de résidence, mais question d’ambiance et de choix également. On est dans le XIVe arrondissement, quartier de petits commerçants et bistrots. Le magasin s’identifie facilement : devanture colorée, vitrine bien présentée, éclairage valorisant le soir… difficile de ne pas être irrésistiblement attiré par ce temple parisien de la bière de qualité.

L’accueil de Christian, le propriétaire, sorte de vieux sage bourru, n’est pas forcément très chaleureux d’emblée, sans être désagréable pour autant. La présentation du magasin est soignée, et renouvelée régulièrement. Les bières y sont classées par régions géographiques. Le rayon de bières allemandes est plus conséquent qu’ailleurs à Paris, quelques bières internationales avec encore une fois les incontournables Unibroue (à quand les Dieu du Ciel en France, bordel !). C’est bien
évidemment la Belgique qui est la mieux représentée, avec un choix certes pas exhaustif (il faudrait probablement un entrepôt, pour cela), mais très fourni et orienté vers les meilleurs breuvages d’outre-Quiévrain.
Belle collection de verres également, ainsi que quelques paniers cadeaux, toujours un peu chers pour ce que c’est, à mon avis. Les bières ne sont pas données non plus, légèrement plus cher qu’à la Soif du Malt si ma mémoire est bonne. A titre d’exemple, la 75cL de Triple Karmeliet est vendue 5,15 EUR. Mais c’est tellement bon…

Ambiance conviviale les soirées de fin de semaine, avec quelques commerçants et/ou amis du quartier venant prendre l’apéro, nous ayant même à l’occasion aidé à charger les bières dans la voiture !

http://bieres-bootlegger.nuxit.net/
01 43 27 94 02
82, rue de l’Ouest
75014 Paris

Evidemment, si vous habitez le Nord ou la Belgique, tout ceci doit vous sembler complètement fou, surtout au niveau des tarifs… En même temps, vous n’avez pas plus de Westvleteren que nous.

(j’en profite pour glisser un mot à propos de cette bière : j’avais repéré des vendeurs de Westvleteren sur eBay. Alors certes, c’était à peu près le double du prix à l’abbaye, mais bon, merde, j’ai soif. En fait c’est pas le double, mais le quadruple, lorsque l’on prend les frais de port en compte. Et puis je me suis dit que j’avais bien fait de ne pas céder à la tentation, car feriez vous confiance à une personne qui va se procurer tous les mois ses deux cageots de West, pour s’enrichir grâce à ça, au lieu de la boire tranquillement avec ses copains ? Pour moi, c’est plutôt la définition d’un gros enculé
qui prive d’honnêtes gens de leur boisson favorite pour s’engraisser et boire du spiritueux de whisky coupé à la Bastion en écoutant sa collec’ de Johnny Halliday. Et je ne me classe même pas dans les honnêtes gens privés de leur bière, parce que je n’y vais pas, à Westvleteren.)