[miam002] L’Etoile d’Or (Denise Acabo)
Je pensais, pour ce “miam”, parler d’un Christian Constant (oui, il y
en a plusieurs !), histoire qu’il y ait une sorte de continuité avec
le précédent mail de la même série (pâtisserie, maître de Stéphane
Secco, etc.), mais ça sera pour une autre fois.
Denise c’est un peu une star du rock chez qui les amplis seraient des bonbons et les guitares de magnifiques tablettes de chocolat (j’aurais peut-être dû prendre un café avant de taper ce mail). Et ça serait le pendant féminin d’Angus Young. Vous la trouverez en effet toujours habillée de la même façon : chemisier blanc, avec option cravate selon les jours, paraît-il, jupe à carreaux, sandales blanches, le visage encadré par deux longues nattes blondes.
Une écolière de 71 ans, certes, mais probablement tout aussi espiègleque les petites filles qui feront leur rentrée mardi prochain. A peine l’encadrure de la porte franchie, elle vous accueille avec un sourire grand comme ça, et donne le ton d’emblée : “Vas-y, tu peux prendre tout le temps que tu veux, pense bien à regarder partout et si tu as des questions ou si tu veux quelque chose, appelle-moi !”. Ici, le tutoiement et la convivialité sont de mise… et même si habituellement je n’aime pas la fausse familiarité que tentent d’instaurer certains serveurs ou commerçants en pratiquant un tutoiement intempestif, ici, on sent que c’est sincère, que la dame aime ses clients (après tout ce sont eux qui la font vivre !), et que
chacun aura toujours le même accueil. Pendant que je parcours les étalages, tout en bois et marbre (faut pas
déconner, c’est de l’authentique ici !), je profite de la conversation de la tenancière avec son ancienne employée qui l’appelait du Japon, pays où Denise Acabo est apparemment très populaire, au point que les Japonais la reconnaissant dans la rue la saluent et la félicitent. D’ailleurs elle figure dans le dernier numéro de “Elle au Japon”…
La patronne, les étalages, c’est bien beau mais on vient pour acheter finalement. Alors évidemment, c’est difficile de faire son choix. C’est chèrement tarifé, mais tout fait envie. Chaque produit provient des atelier de Meilleurs Ouvriers de France ou de grands noms à la réputation internationale. Denise ne vend que ce qu’elle a goûté et qu’elle apprécie. Elle fait des pieds et des mains aux artisans qui produisent ces petites merveilles sucrées pour obtenir le droit de revendre leur marchandise… et ça marche !
C’est ainsi qu’on retrouve dans la boutique les créations de Dufoux, les caramels Leroux et chocolats Bernachon, qui à eux seuls font se déplacer les amateurs de bons produits des quatre coins de la planète. Oui, parce que Denise n’expédie rien, car comme elle dit “oh ben je pourrais envoyer à l’étranger, mais ça me prendrait du temps à faire les paquets, et puis après je passerais moins de temps avec les clients, c’est plus un plaisir, je préfère qu’ils viennent”.
Alors au final, je me décide pour du chocolat et des caramels… bien sûr, avant j’ai eu le droit à une description de tous les autres produits du magasin, ou presque. 4 tablettes de Bernachon et un assortiment de caramels Leroux, les grands classiques de la maison. Les tablettes sont emballées dans un papier d’Epinal : “tiens regarde ce papier, avec les images d’Epinal… je le fais faire exprès pour moi, et je demande des pages précises, là c’est celle sur le chocolat, ça celle sur le sucre… oh ben ça coûte cher, d’ailleurs au final je suis déficitaire là-dessus. Tu crois que ça me mine ? Ahaha, moi ça me
fait marrer, faut vraiment être folle pour faire ça, mais ça m’amuse, alors pourquoi je le ferais pas ?”.
Quelques bavardages plus tard, je ressors de l’échoppe, un sac bien rempli à la main. Verdict de la dégustation : effectivement les produits sont excellentissimes. Les caramels ont un bon goût de beurre prononcé, très frais, et très justement sucrés. J’adore celui au citron, où la triple alliance lacté / sucré / acide fonctionne à merveille, contre toute attente. Les chocolats sont également délicieux. Ces tablettes de fin chocolat fourrées avec diverses confiserie : pâte d’amande, nougat (très tendre !), caramel… et le chocolat noir classique à 62% vaut également le détour. Son goût est assez caractéristique, je ne m’y connais pas assez pour pouvoir déterminer l’origine des fèves utilisées, et tient tête sans problème à ceux des grandes chocolateries parisiennes.
Bref, au final, c’est le genre de boutique où l’on a envie de revenir, même si finalement, de nos jours, il est relativement simple de trouver des produits similaires ailleurs, plus facilement. Mais le charme désué de la boutique, le bagou et la bonne humeur de la patronne, la sélection très juste des chocolats et confiserie ne peuvent laisser aucun gourmand insensible… 34 ans que le magasin tourne, et j’ai l’impression que ça n’est pas là de s’arrêter.
L’Etoile d’Or
Denise Acabo
30 r Pierre Fontaine
75009 PARIS
01 48 74 59 55
01 45 96 01 71
