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[miam046] Comme des poissons

Depuis mon voyage à New York l’an passé, j’avais enfin pu comprendre ce qu’était un excellent sushi. Un poisson de qualité et de la plus grande fraîcheur possible, bien sûr, un bon riz à la bonne température, évidemment. Plus le tour de main du chef. On pense immédiatement à la découpe du poisson, essentielle, mais ça ne fait pas tout : l’assemblage de la lamelle de poisson cru et des grains de riz constitue la touche finale pouvant sublimer le tout. Je ne doute pas que Paris compte de personnes compétentes sur ces derniers points. Mais, le plus souvent, la qualité des matières premières laisse à désirer. Même chez Isami, que j’avais adoré à notre première visite, j’avais été déçu la seconde fois : si le poisson était frais, il manquait singulièrement de répondant : goûts transparents et textures uniformes. Etrange impression…
Ceci dit, comme il faut savoir faire avec ce que l’on a sous la main, j’ai souhaité tenter un autre sushi bar parisien apprécié de quelques amateurs : Comme des Poissons. Il ne s’agit clairement pas du plus connu, Korin, Bizan, Isami ou les plus huppés BenKay et Kinugawa étant plus souvent cités. Il faut dire que Comme des Poissons ne peut accueillir que 8 personnes et est un peu perdu au beau milieu de sa petite rue du XVIe arrondissement…
Thon, saumon...
Le cadre n’est pas particulièrement attrayant non plus : on s’assoit au comptoir devant le chef. Ceci dit, ne pas compter sur une grande interaction avec celui-ci : il ne relève guère la tête de son ouvrage, et laisse le soin à deux jeunes gens (ses enfants ?) de prendre les commandes. Pas d’éclairage tamisé, pas de beaux couverts, mais baguettes en bois et serviettes en papier. On est là pour manger. Bref, le climat est austère, ça ne rigole pas spécialement. C’est d’autant plus gênant lorsque l’on est les deux seules personnes attablées. Heureusement, d’autres clients arriveront un peu plus tard, ce qui permit de nous décontracter enfin.

La carte est assez simple : divers assortiments de sushis, sashimis et makis sont proposés. Quelques autres plats pour varier un peu sont proposés, mais globalement, on vient ici avant tout pour déguster du poisson cru.
Les sushis sont préparés rapidement, avec peut-être un peu moins de soin que ce que l’on aimerait voir. D’ailleurs, le dosage du wasabi m’a parfois semblé un peu approximatif. En revanche, pour une fois, je ne suis pas déçu par la qualité du poisson servi et le riz est également très bon. Je devrais avoir honte d’en consommer, mais je dois bien avouer que le toro était bien meilleur que celui dégusté chez Isami, par exemple. D’une manière générale, tout de même, les sushis sont peut-être un tout petit peu gros à mon goût, mais restent heureusement mangeables sans s’étouffer. Une mise en garde : les futomakis sont vraiment énormes, et peuvent presque constituer un repas à eux seuls pour les plus petits appétits !
Finalement, même si tout cela n’est guère aguicheur, l’adresse mérite d’être retenue. Alors évidemment, l’ambiance n’y est pas folichonne. Bien sûr, on peut pinailler sur le fait que l’on n’ait pas en face de soi des sushis de compétition sculptés au grain de riz près… mais la qualité des produits et le niveau général d’exécution place tout de même Comme des Poissons en tête des restaurants de poisson cru que j’ai pu fréquenter… à Paris !
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Etant donné le nombre très restreint de places, il faut bien évidemment réserver. Tenir compte également du fait que, le soir, le restaurant ferme à 21h. Il est en revanche possible de commander à emporter, et ça, c’est une excellente nouvelle !

L’assortiment de 10 sushis + un maki est à 26,50 EUR sur place (25 EUR à emporter). Et à ce prix là, ça n’est pas un simple panachage maguro / saumon : toro, saint-jacques sont, entre autres, de la partie. Bref, ça n’est pas plus cher qu’ailleurs, mais c’est certainement meilleur !

Comme des poissons
Mardi-dimanche : 11h30 – 15h et 17h30 – 21h
Fermé lundi toute la journée et dimanche au déjeuner
01 45 20 70 37
24, Rue de la Tour
75016 Paris
M° Passy (L6)

During my trip to New York last year, I had the chance to taste excellent sushi. High quality fish, as fresh as possible, obviously; good rice at the right temperature, of course. And the chef’s “tour de main”: the the fish is cut is of the utmost importance, but that’s not all. The way the sushi is put together, with the right fish to rice ratio can make the difference between good and wonderful sushi. I don’t question the fact that there are competent chefs in this area in Paris. However, too often, the quality of the products leaves much to be desired. Even Isami that I really enjoyed the first time disappointed me when I went back: the fish was fresh, but that was it. It was almost tasteless and textures were roughly the same across the different species. Strange…

That said, one has to do with what’s available, and I can’t afford a plane ticket to New York everytime I want raw fish, so I wanted to try another reknowned sushi joint: Comme des Poissons. It’s not the most famous one, contrary to Korin, Bizan, Isami, or the more upscale places like BenKay or Kinugawa which are all often referred to when it comes to sushi in Paris. Part of the explanation may be that Comme des Poissons can only seat 8, and is a bit out of the way in a little street of the XVIth ward…
Thon, saumon...
The setting is not particularly attractive either. There only are counter seats, and nothing else to see but the chef and the raw products. And don’t even plan on interacting with him much: he seldom looks away from his work and lets two other persons (probably his family) take care of the orders. No dimmed lights, no nice china, but woodsticks and paper napkins. This is a place to eat, nothing more. The atmosphere can feel a little strict. This proved to be even more awkward when we were the only two persons seated in the restaurant. Other came a bit later, to our relief.

The menu is quite simple: a few sushi, sashimi, chirashi and maki assortments to chose from. There are a few other dishes, too and an “omakase” menu at 70EUR, but all in all, this is mostly a place to eat raw fish.
The sushi are prepared promptly, maybe with less care than I’d like to see. Besides, the quantity of wasabi was a bit approximative. Apart from that, the fish are good (some just OK, others excellent), and the rice was nice too, albeit less good than at Isami. I should be ashamed for eating this, but the toro was particularly good, probably the best I had in Paris. Another minor shortcoming: the sushi are a bit too big for my taste, but still eatable without choking. Oh, and one warning: the futomaki are really huge, and could almost make a whole meal for smaller appetites.


In the end, if that doesn’t seem too enticing, the address deserves to be known. Of course, the mood isn’t really fun, of course these are not absolutely perfect sushi, but the overall quality of the fish and the execution make me rank Comme des Poissons amongst the best sushi places… in Paris!
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Given that there are only 8 seats, it’s safer to get reservations. Also be aware of the fact that the restaurant closes at 9PM. However, they do take away, which is great news.

The 10-sushi assortment + 1 maki is 26,50EUR. At this price, you don’t only have maguro and salmon as in other places, but also toro, scallops, etc. sL’assortiment de 10 sushis + un maki est à 26,50 EUR sur place (25 EUR à emporter). Et à ce prix là, ça n’est pas un simple panachage maguro / saumon : toro, saint-jacques sont, entre autres, de la partie. In brief, that is not especially more expensive than elsewhere, but certainlyl better!

Comme des poissons
Tuesday-Sunday: 11h30 – 15h et 17h30 – 21h
Closed monday all day and sunday at lunch
+33 (0)1 45 20 70 37
24, Rue de la Tour
75016 Paris
M° Passy (L6)

Isami le 12/09/2008

Un an s’est écoulé depuis notre première visite chez Isami, ce restaurant de poisson crus japonais situé sur l’Île Saint-Louis et très apprécié des connaisseurs. Et entre temps, un passage chez Sushi Yasuda à New York nous avait permis de goûter à l’état de l’art en la matière.

Amuses bouche

Amuses bouche

La question qui nous taraude : peut-on encore manger des sushis à Paris et se régaler ? Faut voir…
Question ambiance et service, rien n’a changé. Allez, disons que le serveur principal (difficile de parler de maître d’hôtel ici, vu qu’il s’agit d’un sushi bar) était peut-être un peu plus enjoué et sympathique que la dernière fois. Pour autant qu’il puisse se permettre de l’être, avec cette retenue très japonaise, et un rien de
chafouinerie cependant.
Les entrées sont excellentes, à l’instar de cet émincé de chinchard au gingembre qui avait déjà fait notre bonheur, mais également la dorade grillée à la sauce soja. A manger, c’est périlleux : parvenir à désolidariser la chair du poisson des arêtes avec ses baguettes, dans un petit bol, sachant que le tout baigne dans une délicieuse sauce au soja n’était pas un mince exploit. Notez bien que ça en valait la peine !

Les sushis

Les sushis et ma chemise façon emballage de charcuterie

Mais le nerf de la guerre, ici, ce sont évidemment les sushis. On reprend le même assortiment que la fois précédente : une quinzaine de pièces de sushis et makis. J’y ajoute deux suppléments : un sushi “toro” (thon gras) et un “uni” (oursin, a priori hors saison, mais ils en avaient reçu le jour même et j’adore ça !). Le poisson est toujours très frais, les sushis bien réalisés, même s’ils ont une fâcheuse tendance à se désunir au sortir de la trempette dans la sauce shoyu. Le wasabi est bien dosé, j’en aurais peut-être même mis un peu plus sur certains. Le but du jeu n’est toutefois pas non plus d’emporter la bouche, mais d’apporter le contrepoint vivifiant à la chair crue du poisson et au riz.

Mais mais mais, tout ça manque d’allant, de magie. Par comparaison à la jouissance stupéfiante qui nous

Les sushis d'Isami, de près

La même chose, de près. Avec un poil.

aura frappé à chaque bouchée chez Yasuda, la douce mollesse de ce repas satisfait sans jamais vraiment
ravir. Faut il y voir le reflet de l’âme qui anime de ces villes ? La fougue impétueuse new yorkaise versus le calme romantisme parisien ? Oui, c’est tiré par les cheveux. Et finalement, un repas agréable et inoffensif, ça permet de mieux se concentrer sur ce qui se passe autour. Et là, en cette soirée papale et ses cortèges de croyants, sympathisants, badauds, illuminés, le quartier prenait une autre dimension. Alors certes, j’adore New York, je suis tombé raide dingue de Yasuda, mais cette passion adultérine ne me fera pas moins aimer
Paris !

Ah, et alors, est-ce que l’on peut manger des sushis à Paris ? Disons que chez Isami ça reste tout de même très bon. Et il y a plein d’autres adresses à découvrir, que ça soit dans la rue Saint-Anne, par exemple (Korin…) ou ailleurs (Comme des poissons…). A tout le moins, ça permet de sustenter son envie de poisson cru en attendant le prochain voyage aux USA, voire au Japon!

[miam033] Hotaru

Tout commence par un appel à l’aide, hier matin, sur le blog de François Simon -critique gastronomique dont le style rappelle vaguement l’article moyen dans les Inrocks, oscillant entre l’urticant et l’enthousiasmant. Dans un petit billet, il enjoint ses lecteurs à “sauver le soldat Hotaru“.

Nous étions de passage dans le quartier, hier soir. Il m’était donc impossible de ne pas me diriger jusqu’à ce restaurant. A quelques pas de la rue des Martyrs, il se situe dans la très calme rue Rodier. Une grande enseigne lumineuse affiche, sobrement, “Hotaru“. On rentre, trois tables sont déjà occupées : le restaurant tourne au tiers de sa capacité. D’un côté, un Japonais, de l’autre, des couples français. Nous, au milieu. Décor très soigné mais pas tape à l’oeil : les propriétaires ont du goût, à peine assis, on a déjà l’assurance d’y passer un moment réjouissant.

On nous apporte les cartes ainsi que les petites ardoises précisant les suggestions du jour. Le restaurant fait la part belle au poisson sous toutes ses formes : crus, grillé, mijoté… de la cuisine
japonaise de tradition, sans fioritures. Sashimis délicieux, tofu grillé tout bête, mais excellent lui aussi,
le saumon qui arrive, la gueule béante et que l’on dévore sans pitié découvrant ainsi les différentes saveurs et textures de sa chair, jusqu’aux fantastiques glaces et fruits proposés en dessert, tout nous
ravit.

Pour autant, la qualité de la cuisine ne constitue qu’une partie du plaisir éprouvé chez Hotaru. Certes, on est entre amis, on discute beaucoup, le saké coule à flots… et heureusement car, le chef étant
tout seul en cuisine, on attend relativement longtemps entre chaque plat. Ca oblige à être en bonne compagnie, et c’est peut-être mieux comme ça, car quelle tristesse que de voir des gens se quereller
devant ce qui devrait pourtant fédérer tout le monde : la bonne chère.
Je m’égare, car hier, rien de tout ça, bien au contraire. Service gentil, mignon, adorable, divin, même. Bonne humeur et simplicité ont toujours fait bon ménage, et la serveuse en a à revendre. C’est communicatif, et tout ça ne s’arrête pas sur le pas de porte de la cuisine, bien au contraire.
Car lorsque le chef, lequel a fait ses armes au Japon pour ensuite travailler dans les cuisines de chez Takara, vient discuter avec nous après nos plats, ou au moment de régler, c’est le sourire au lèvre,
l’enthousiasme chevillé au corps, et le sincère bonheur de nous avoir servi quelque chose qui nous plaisait. Je l’ai entendu dire, à une autre table, qu’il était mauvais communicant : sa modestie l’honore,
mais il n’est pourtant pas besoin de passer des heures en sa compagnie pour l’apprécier. Les restaurants sont toujours plus agréables lorsque l’on a l’impression d’avoir dîné chez des amis…

Ca n’est pas tout à fait donné, c’est vrai. Difficile toutefois d’imaginer comment ils pourraient tirer les prix vers le bas, ça n’est donc absolument pas une critique. A trois, 210EUR pour entrées, plats et desserts, deux apéritifs et une bouteille de saké. Notez quand-même que l’on s’est plutôt orienté vers les plats les plus onéreux. Trois menus à 35, 45 et 60 EUR coexistent avec la carte. En choisissant parmi cette dernière, il est tout à fait possible de s’en tirer pour une trentaine d’euros par personne.

Quiconque aime la cuisine japonaise se doit d’aller faire un saut chez Hotaru. On n’en avait guère entendu parlé depuis son ouverture il y a quelques mois, mais quelque chose me dit que les choses vont changer. C’est amplement mérité, croisons juste les doigts pour que cela ne se fasse pas au détriment de la cuisine ou du service. Pour tout vous dire, je suis confiant.

Hotaru
18, rue Rodier
75009 Paris
01.48.78.33.74
M° St-Georges (L12) ou Cadet (L7)
Ouvert du mardi-samedi au déjeuner et au dîner

[miam023] Sushi Yasuda

Le dîner chez Yasuda était l’un des repas dont j’attendais le plus lors de notre petit périple à New York. Ce chef japonais est à la tête d’un des restaurants de poisson crus des plus réputés là-bas. Ca n’est pas peu dire, car les gourmets internationaux s’accordent pour placer la ville comme deuxième ou troisième destination de choix pour goûter à une cuisine japonaise de qualité, derrière le Japon bien évidemment.

Pourtant, avec les moyens de transports modernes, les marchandises peuvent circuler vite, on pourrait donc s’attendre à une uniformisation du niveau général en la matière, du moins dans les grandes capitales. En tant qu’amateurs et ayant pu aborder un échantillon aussi bien du plus médiocre que du meilleur de ce qui se fait à Paris, tenter l’expérience d’un grand “sushi bar” new yorkais s’imposait.

La réservation est impérative, et deux semaines avant, il n’y avait déjà plus de place pour être placé devant le chef de la maison. Cependant, nous sommes tout de même au bar, le meilleur endroit pour profiter pleinement de l’expérience. Le restaurant est sobrement décoré, le bar est en bois clair, et les poissons sont rangés dans des réfrigérateurs situés sous celui-ci, et non pas derrière une vitrine frigorifiée comme c’est souvent le cas. Cinq chefs officient, chacun s’occupant de 2 à 4 personnes et préparant chacun quelques commandes pour les tables de la salle, sauf Yasuda lui-même qui semblait servir six personnes simultanément au bar.

Un large choix d’entrées et de boisson est proposée, nous choisissons cependant de nous concentrer sur les sushis, dont la carte nous est fournie sous forme d’une petite liste de poisson photocopiée. Ce “menu” est classé par type de poisson : thon, saumon, coquillages, “yellowtail” (“sériole” apparemment en Français, mais ça recouvre apparemment des choses assez différentes), etc. Au moins cinq variétés sont proposées pour chacun d’eux. Le choix est d’autant plus ardu, que certaines variétés ne sont présentées que sous forme de caractères japonais. Et à moins d’être un vrai connaisseur (que je ne suis pas !), difficile de connaître a priori la spécificité d’un même poisson pêché dans des mers de deux pays distincts. C’est aussi l’intérêt du restaurant : pouvoir se livrer à une dégustation verticale d’un même poisson, c’est rare.

Pour simplifier le choix, de petites marques indiquent sur la carte les poissons conseillés par le chef chaque jour, probablement en fonction des arrivages, de leur fraîcheur et des saisons.

Malgré tout cela, comme on aimerait à la fois tout commander, mais que manger une cinquantaine de sushis ne semble physiquement (et financièrement !) pas envisageable, on demande simplement à notre chef attitré de nous préparer quelques pièces représentatives. Il s’attèle à la découpe et à l’assemblage, ce qui nous laisse le temps de l’observer, de même que Yasuda lui-même, juste à notre droite. Ses mouvements sont impressionnants de précision et de rapidité. Après avoir découpé quelques lamelles de poisson, et tout en
discutant avec les personnes attablées, un oeil sur la salle, il assemble à une vitesse déconcertante quelques magnifiques petits sushis de ses mains abimées par l’ouvrage.

Yasuda à l'oeuvreYasuda - le bar

Quelques secondes plus tard, notre chef dépose deux nigiri-sushi en nous indiquant les poissons utilisés. C’est du “prêt à déguster”. J’entends par là qu’il n’est pas nécessaire d’ajouter de shoyu ni de wasabi, ils sont déjà présents dans ce qui est livré. Et, à mon goût du moins, le dosage est très juste. On attrappe avec précaution les délicates composition. Elles sont d’une taille inférieure à ce que l’on rencontre souvent par ailleurs. De plus, si le tout se tient très bien et ne se détériore pas lors du parcours jusqu’à notre bouche, on
devine le tout instable. La boulette de riz prête à se disloquer et se mêler harmonieusement avec le poisson cru. Et c’est le cas. La qualité, la temparature et l’assaisonnement du riz sont incroyables, le poisson fantastique. Au fil des bouchées, impossible de ne pas afficher un sourire béat de contentement. On redécouvre ici complètement la notion de sushi, même Isami ne délivre pas quelque chose d’un tant soit peu comparable. C’est une autre catégorie, plus que de la cuisine ou de l’art, c’est de la magie.

Toro Maki

Au total, nous avons tout de même dégusté chacun une quinzaine de sushis différents ainsi que deux makis. Tout est parfait : le toro plus éthéré que fondant, l’oursin crémeux, l’anguille, souvent cinquième roue du carrosse par ailleurs est ici juste grillée comme il faut, à la commande. On pourrait, on voudrait, même, prolonger le repas, mais il faut croire que la perfection appelle la raison. La note, taxes et généreux pourboire (y compris selon l’étalon américain) inclus : 200$, pour deux. Pour un repas somme toute léger, ça n’est pas donné, bien sûr, quoique le taux de change rend la chose comparativement peu chère par rapport à ce que l’on peut trouver à Paris. Cependant vous avez un chef pour vous, et surtout c’est tout simplement l’un des meilleurs repas que j’ai fait, tous types de cuisine confondus.
A quelques blocks de là, Masa fait paraît-il encore mieux en matière de poisson cru, mais il faut y débourser 500 à 600$ / personne, ça laisse rêveur et permet de relativiser !

Si vous avez la chance de passer par NYC, foncez, en n’oubliant pas de réserver (et confirmer la veille !). Dans l’échelle du guide Michelin, la notation “3 étoiles” est censée distinguer les établissements méritant à eux seuls le voyage : pour moi, Yasuda en fait partie.

Sushi Yasuda
204 E, 43rd St
New York City, NY, 10017
+1 212.972.1001
http://www.sushiyasuda.com

[miam020] Takara

Une envie de sukiyaki, de tempuras, la nécessité de se retrouver dans un cadre qui ne fasse pas trop “cantine” (business is business)…
Dans ce cas, on se tourne vers une valeur sûre : Takara est, paraît-il, le plus ancien restaurant japonais de Paris, et permet de se régaler de nombreuses spécialités japonaises traditionnelles, loin des “sushis/brochettes” lancés à chaque coins de rue par des restaurateurs n’ayant jamais mis un pied au Japon ni la main sur un couteau.
Il se situe, comme beaucoup d’établissements de ce type, dans le quartier japonais, entre les Tuileries et l’Opéra.

A notre arrivée, on a tout le temps d’étudier le décor, qui ne le distingue guère d’un autre restaurant japonais, car le personnel de salle est absent, ou occupé, et nous restons donc à attendre quelques longs instants dans l’entrée, les bras ballants. Rien de très grave pour autant.

On s’installe, on commence à consulter la carte, très longue, très variée. Je suis toujours un peu mal à l’aise avec une telle débauche de plats dans tous les sens, mais à y regarder de plus près, deux pages du menus sont, par exemple, entièrement dédiées aux poissons crus.
Pour ceux qui ne savent trancher lorsqu’ils sont soumis à des choix cornéliens, trois menus sont proposés.
Dans l’intervalle de temps, les deux personnes nous ayant rejoints ont été obligées de réclamer le menu.

Les tempuras : très agréables, légers, variés. Les crevettes sont d’une dimension impressionnantes. La bière Asahi est toujours aussi infâme.
Le sukiyaki, c’est rigolo et c’est bon, mais quand on est installés à quatre sur une table format bistrot et que les deux autres personnes choisissent un autre plat, ça laisse peu de place, à moins de se tasser et de jouer au puzzle avec les assiettes. Ca a son charme.

La serveuse lance le réchaud et prépare le tout : oignons, champignons, tofu, et une assiette de viande de boeuf découpée très finement. Le tout réchauffant dans ce bouillon sucré si particulier… après quelques minutes, les ingrédients commencent à caraméliser, et là, c’est délicieux !
Avec une soupe miso et un excellent riz, on ne finira pas l’ensemble des légumes proposés. On nous prévient alors que les dernières commandes de préparations culinaires doivent se faire maintenant, mais que l’on a encore un peu de temps pour les desserts et boissons. Après quelques menues discussions, on demande la carte pour les desserts, ce à quoi on nous répond qu’il n’y en a plus pour ce soir. Etrange…

Qu’en dire ? Le service, qui peut se faire charmant et discret, est surtout invisible, et difficile à obtenir. A leur décharge, c’était un samedi soir, donc le restaurant était bondé, mais tout de même. La nourriture ? Très bien (le sukiyaki ne nécessite pas non plus la main de maître d’un grand chef), mais c’est cher. 320EUR à quatre pour deux pintes de bière, quelques thés, quatre soupes miso, un sukiyaki pour deux, deux assortiments de sushis et deux cafés… c’est difficile à justifier. J’imagine sans peine que quelques restaurants voisins proposent le même type de plats à un tarif bien plus abordable. On en ressort tout de même contents, avec le sentiment de la mission accomplie, quoiqu’un peu tardivement.

Est-ce que je vous recommande Takara ? Si vraiment vous voulez y aller, pourquoi pas, vous ne serez probablement pas déçus. Mais je recommanderais plutôt d’être plus aventureux et d’aller visiter les restaurants des rues voisines pour y dénicher de meilleurs rapports qualité-prix.

Takara
14, rue Molière
75001 Paris
M°Pyramides (L7, L14) ou Palais Royal (L1, L7)
01 42 96 08 38