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[miam044] Hisop

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Doit-on parler de ce que l’on n’a pas aimé ? C’est toujours délicat, les goûts et les couleurs, tout ça… Quoi de plus subjectif, en effet ? En matière de gastronomie, on peut bien sûr critiquer la fraîcheur ou la qualité intrinsèque de certains produits, s’insurger de cuissons dénaturant la saveur des mets proposés, par exemple. Mais lorsqu’il s’agit de discuter du parti-pris culinaire d’un chef, ça devient coton. Disons aussi que je me vois difficilement réclamer la moindre autorité dans le domaine.

Gambas et cap i pota

Gambas et cap i pota

D’un côté, on peut imaginer qu’exposer son insatisfaction aille dans le sens de l’intérêt général : “c’est nul, n’y allez pas”. Ca peut éviter des déceptions. A l’inverse, si ce qui n’a pas plu relève seulement de ses préférences, de sa sensibilité propre, pourquoi les ériger de facto en standard de bon goût en affirmant que si l’on n’y a pas trouvé de plaisir, c’est que ça n’était pas bon ? Aucun intérêt à dégoûter les autres de ce qu’ils aiment, non ?

Du coup, difficile pour moi que d’aborder le cas Hisop. A bien des égards, ce restaurant m’a déçu. Et pourtant, je ne suis pas sûr de devoir le déconseiller à tout prix. Alors, certes, si on me demande mon avis sur le sujet, je serai clair : je n’ai pas aimé, je n’y retournerai probablement pas, sauf à avoir fait le tour des autres établissements barcelonais susceptibles de m’intéresser. Et bien que rien ne m’y ait vraiment enthousiasmé, j’ai quand-même envie d’accorder le bénéfice du doute à Oriol Ivem et Guillem Pla, les deux chefs de Hisop.

Langoustine et champignons sauvages

Langoustine et champignons sauvages

Première mise en garde : en plus d’être exténués ce soir là, ce dîner faisait suite à notre déjeuner à Alkimia, où l’on ne peut pas dire que nous avions fait un repas frugal. A moins d’être absolument épatés, nous risquions donc d’être difficiles à convaincre. Le cadre et surtout l’ambiance ne m’ont pas satisfait non plus. La salle aux murs peints en blanc sur lesquels de grands pans rougeâtres apportent une touche de couleur bienvenue m’a paru froide. A la limite, qu’importe, on ne vient pas pour ça. J’ai également été gêné par le bruit, mais, là encore, ça n’est pas forcément un problème en soi, et l’on ne peut pas reprocher au restaurant qu’une table se soit avéré un peu pénible ce soir là.

Plus ennuyeux, selon moi, la cuisine. L’idée avouée des deux chefs de Hisop est d’offrir une cuisine moderne basée sur des produits et des saveurs du terroir local. Sur le papier, c’est très bien. Le gros problème n’est pas à chercher sur les produits ni sur l’exécution, du moins pas en premier lieu. Rien ne m’a particulièrement impressionné ni dégoûté à ce niveau, mais de toute façon, j’aurais bien été incapable d’y prêter une réelle attention tant les préparations et leur présentation m’ont perturbé. Vouloir faire du “moderne”, je n’ai rien contre dans l’absolul. Mais se sentir obligé de présenter les sauces versées sur les plats dans des béchers, présenter des mignardises sous forme de tube à essai, de pschitt vaporisé sur des cubes de gelée, c’est tout simplement grotesque.

Pieds de porc au panais

Pieds de porc au panais

De plus, les goûts de différents éléments d’un même plat s’entrechoquent souvent sans se répondre harmonieusement. Pourquoi dresser des accompagnements, certes jolis à l’oeil, mais incongrus en bouche ? Chez Gagnaire, certains plats du menu ne collent pas, et peuvent laisser perplexe, mais nous n’y avions rien goûté de si détonnant… Je ne vous parle même pas du premier amuse-bouche, dont j’ai oublié la composition exacte, mais d’un goût si puissant que je ne comprend pas en quoi il conviendrait à l’introduction d’un repas.

St-Pierre

St-Pierre

J’admettrai bien volontiers m’être totalement loupé dans ma commande : souhaitant goûter les pieds de porc en plat de résistance, j’avais opté pour des raviolis de gambas et “cap i pota” (tête de veau) en entrée, laquelle s’est avérée très grasse, très lourde. Même si le déjeuner était loin, mon estomac a commencé à flancher, et j’ai enfin compris les affres de souffrance dans lesquelles pouvaient être plongés certains critiques gastronomiques, usés par la richesse des repas ingurgités à longueur d’année.

C’est bien simple, je n’avais qu’une seule envie : ne plus ingurgiter que de la tisane pendant trois mois. Alors évidemment, après ça, les pieds de porc… Ceci dit, ce que j’ai pu goûter des langoustines et champignons sauvages ou du saint-pierre, quoiqu’acceptable, ne m’a pas franchement enthousiasmé.

Je n’irai pas plus loin dans l’analyse, car encore une fois, inutile d’enfoncer le clou : je n’ai pas aimé, mais ça ne signifie pas que d’autres n’y trouveront pas leur compte. Le menu proposé ce soir là m’aurait peut-être procuré plus de satisfaction, mais comme le plat principal était du pigeon à la figue et que nous en avions

Mignardises

Mignardises

déjà eu au déjeuner, nous avions préféré nous orienter vers la carte. Autour de nous, les autres tables avaient l’air de passer un bon moment, et c’est tant mieux. D’ailleurs, plusieurs personnes de l’équipe de Tapaç 24 dînaient à Hisop ce soir là.

Bref, je m’abstiens de toute recommandation à l’égard de ce restaurant. Ce type de cuisine et tout l’apparat l’entourant ne me convient pas, ou tout du moins ne me convenait pas ce soir là. Allez-y si le coeur vous en dit, mais sachez à quoi vous attendre, d’une part, et n’hésitez pas à demander des précisions quant aux plats commandés, d’autre part, pour éviter de tomber dans le même écueil que moi…

Hisop
Passatge Marimon 9
08021 Barcelona, Spain
+34 932 413 233
http://www.hisop.com