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[miam004] Christian Constant

Voilà plusieurs fois que j’évoque le nom de Christian Constant sur la NP ces dernières semaines.
Et pour cause, ce chocolatier-pâtissier-glacier-traiteur installé dans le 6e arrondissement de Paris fait figure d’institution indémodable.

Sa boutique ne paie pas spécialement de mine. Devanture blanche et épurée, deux arbustes encadrent l’entrée, ça fait vaguement chic (on est dans le 6e après tout). L’intérieur ne présente aucun charme autre que celui des produits proposés aux clients, en revanche.

Commençons par les chocolats, puisqu’il paraît que c’est la passion première de Constant. Des tablettes de nombreuses provenances (les classiques Trinidad, Venezuela, Equateur, Madagascar, etc.) ainsi que des “blends” (Criollos de diverses origines, par exemple) sont entreposées à côté de la caisse, et semblent faire le bonheur des habitués.
Les personnes que si peu de fantaisie rebute pourront s’orienter vers le fond du magasin où se trouvent les assortiments de chocolats. Il s’agit pour la plupart de ganaches (à base de cacaos Criollos), subtilement parfumées par diverses herbes, épices ou fleurs. C’est parfois tellement subtil qu’il vaut mieux avoir le petit dépliant sous les yeux pour reconnaître certaines saveurs. En même temps, c’est ludique et ça exerce le palais. Et puis, alors même que son goût est franc, combien d’entre vous auraient reconnu d’instinct le parfum si caractéristique du frangipanier ?
Bref, si vous voulez déguster de fines ganaches, ça fera l’affaire, mais si vous appréciez plus de diversité ou de folie, cette boutique n’est pas pour vous, et il existe mieux ailleurs pour des tarifs similaires (on doit être autour de 11EUR les 100g, me semble-t-il).

Lorsque l’on se tourne du côté des pâtisseries, une légère crainte peut se faire sentir au premier coup d’oeil. La quasi-totalité des gâteaux sont au chocolat et d’une désarmante simplicité… On se rassure cependant bien vite dans un premier temps, en relisant les descriptions de chacun d’eux, puis on retombe dans cette angoisse paralysante lorsque l’on réalise que l’on goûterait bien à tout. Pas de panique, vous reviendrez…

Je ne résiste pas à la tentation de vous décrire certaines créations :

- le Macao, assemblage d’un biscuit chocolaté aux noisettes et d’un gâteau au chocolat amer imbibé de rhum vieux. Lorsque je dis imbibé, c’est au point que le rhum transpire du gâteau, laissant presque une petite flaque au fond de l’assiette à l’issue de la dégustation. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais c’est simplement fabuleux.

- le Bitter Lemon, gâteau au chocolat amer arômatisé aux zestes de
citron, le tout couvert d’une fine couche de chocolat noir

- Le Figaro, disponible seulement en saison fait figure d’exception :
entre deux biscuits, des fruits rouges soutenus par une légère crème
mousseline, simple et bon

-  La Dacquoise est un modèle de classicisme et est irréprochable.

Quoiqu’il en soit, c’est toujours bon et subtil, et si une envie de pâtisserie chocolatée vous prend, c’est à mon avis l’endroit idéal pour l’assouvir. Les tarifs sont parisiens, sans être excessifs : compter un peu plus de 4EUR pour un petit gâteau.

Enfin je ne connais pas la partie traiteur du magasin. Elle semble fort appétissante, et apparemment très renommée… si vous testez, je veux bien avoir votre avis !

Ca n’a pas grande importance, mais sachez tout de même que Christian Constant chocolatier-pâtissier-toutçatoutça a un homonyme à Paris, qui officie dans un registre assez proche, car il possède 4 restaurants rue Saint-Dominique dans le 7e. Bref, n’appelez pas rue d’Assas pour avoir une table la semaine prochaine, apparemment ça lui arrive assez couramment, et s’ils semblent se connaître vaguement, ils ne font pas affaires ensemble !
(je précise tout ça parce qu’en fait jusqu’à très récemment je pensais que c’était un seul et même homme et je me demandais comment il pouvait bien faire pour assurer la direction de plusieurs restaurants et continuer son activité dans sa pâtisserie-chocolaterie en même temps)

Ah, j’allais oublier : un salon de thé indépendant de la pâtisserie propose diverses douceurs et chocolats chauds, a priori excellents. Pas encore trouvé l’occasion non plus de m’y rendre !

Christian Constant
37, rue d’Assas
Paris 6e
01 53 63 15 15
c’est ouvert super tard tous les jours (21h si je ne m’abuse !), ce
qui est cool en cas d’envie urgente de chocolat en rentrant du boulot !

[miam002] L’Etoile d’Or (Denise Acabo)

Je pensais, pour ce “miam”, parler d’un Christian Constant (oui, il y
en a plusieurs !), histoire qu’il y ait une sorte de continuité avec
le précédent mail de la même série (pâtisserie, maître de Stéphane
Secco, etc.), mais ça sera pour une autre fois.

Denise c’est un peu une star du rock chez qui les amplis seraient des bonbons et les guitares de magnifiques tablettes de chocolat (j’aurais peut-être dû prendre un café avant de taper ce mail). Et ça serait le pendant féminin d’Angus Young. Vous la trouverez en effet toujours habillée de la même façon : chemisier blanc, avec option cravate selon les jours, paraît-il, jupe à carreaux, sandales blanches, le visage encadré par deux longues nattes blondes.
Une écolière de 71 ans, certes, mais probablement tout aussi espiègleque les petites filles qui feront leur rentrée mardi prochain. A peine l’encadrure de la porte franchie, elle vous accueille avec un sourire grand comme ça, et donne le ton d’emblée : “Vas-y, tu peux prendre tout le temps que tu veux, pense bien à regarder partout et si tu as des questions ou si tu veux quelque chose, appelle-moi !”. Ici, le tutoiement et la convivialité sont de mise… et même si habituellement je n’aime pas la fausse familiarité que tentent d’instaurer certains serveurs ou commerçants en pratiquant un tutoiement intempestif, ici, on sent que c’est sincère, que la dame aime ses clients (après tout ce sont eux qui la font vivre !), et que
chacun aura toujours le même accueil. Pendant que je parcours les étalages, tout en bois et marbre (faut pas
déconner, c’est de l’authentique ici !), je profite de la conversation de la tenancière avec son ancienne employée qui l’appelait du Japon, pays où Denise Acabo est apparemment très populaire, au point que les Japonais la reconnaissant dans la rue la saluent et la félicitent. D’ailleurs elle figure dans le dernier numéro de “Elle au Japon”…

La patronne, les étalages, c’est bien beau mais on vient pour acheter finalement. Alors évidemment, c’est difficile de faire son choix. C’est chèrement tarifé, mais tout fait envie. Chaque produit provient des atelier de Meilleurs Ouvriers de France ou de grands noms à la réputation internationale. Denise ne vend que ce qu’elle a goûté et qu’elle apprécie. Elle fait des pieds et des mains aux artisans qui produisent ces petites merveilles sucrées pour obtenir le droit de revendre leur marchandise… et ça marche !
C’est ainsi qu’on retrouve dans la boutique les créations de Dufoux, les caramels Leroux et chocolats Bernachon, qui à eux seuls font se déplacer les amateurs de bons produits des quatre coins de la planète. Oui, parce que Denise n’expédie rien, car comme elle dit “oh ben je pourrais envoyer à l’étranger, mais ça me prendrait du temps à faire les paquets, et puis après je passerais moins de temps avec les clients, c’est plus un plaisir, je préfère qu’ils viennent”.

Alors au final, je me décide pour du chocolat et des caramels… bien sûr, avant j’ai eu le droit à une description de tous les autres produits du magasin, ou presque. 4 tablettes de Bernachon et un assortiment de caramels Leroux, les grands classiques de la maison. Les tablettes sont emballées dans un papier d’Epinal : “tiens regarde ce papier, avec les images d’Epinal… je le fais faire exprès pour moi, et je demande des pages précises, là c’est celle sur le chocolat, ça celle sur le sucre… oh ben ça coûte cher, d’ailleurs au final je suis déficitaire là-dessus. Tu crois que ça me mine ? Ahaha, moi ça me
fait marrer, faut vraiment être folle pour faire ça, mais ça m’amuse, alors pourquoi je le ferais pas ?”.

Quelques bavardages plus tard, je ressors de l’échoppe, un sac bien rempli à la main. Verdict de la dégustation : effectivement les produits sont excellentissimes. Les caramels ont un bon goût de beurre prononcé, très frais, et très justement sucrés. J’adore celui au citron, où la triple alliance lacté / sucré / acide fonctionne à merveille, contre toute attente. Les chocolats sont également délicieux. Ces tablettes de fin chocolat fourrées avec diverses confiserie : pâte d’amande, nougat (très tendre !), caramel… et le chocolat noir classique à 62% vaut également le détour. Son goût est assez caractéristique, je ne m’y connais pas assez pour pouvoir déterminer l’origine des fèves utilisées, et tient tête sans problème à ceux des grandes chocolateries parisiennes.

Bref, au final, c’est le genre de boutique où l’on a envie de revenir, même si finalement, de nos jours, il est relativement simple de trouver des produits similaires ailleurs, plus facilement. Mais le charme désué de la boutique, le bagou et la bonne humeur de la patronne, la sélection très juste des chocolats et confiserie ne peuvent laisser aucun gourmand insensible… 34 ans que le magasin tourne, et j’ai l’impression que ça n’est pas là de s’arrêter.

L’Etoile  d’Or
Denise Acabo

30 r Pierre Fontaine
75009 PARIS
01 48 74 59 55
01 45 96 01 71