(Français) Bières du mois – septembre 2011
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Erzbierschof, is the work of Toni Flükiger. A friendly, funny, generous and passionnate beer lover who knows his stuff. And he does a lot to shake things up here in Switzerland. Indeed, after launching his webshop more than a year and a half ago, setting up many tastings, and expanding his network to import the best of American, Scandinavian, Italian, and so on ; today marks a new milestone with the opening of Erzbierschof Bar.
It is located in Bern, or more precisely in Liebefeld, which is a 10 min ride from the central train station.
What can you expect to find there? No less than 8 rotating beers on tap, encompassing all styles, types of breweries and nationalities, more than 200 bottled beers to sip at the bar, or to take home for later, a pool table and table-football, mirror balls… and much more to come.
It’s open every Tuesday to Saturday from 4PM to 0.30AM, and the big launching night will take place on Friday 16th September. If you’re near Bern on that day or another, Erzbierschof bar is worth the detour!
And of course, for those who are too far away or can’t go to the bar for any other reason, the original webshop is still there!
Erzbierschof Bar
http://bar.erzbierschof.ch
Könizstrasse 161
3097 Liebefeld
Switzerland
031 971 60 40
I haven’t posted about beer for a long time. My trip to Copenhagen last week, mainly to have lunch at Noma, was also the perfect occasion to visit a few local beer places.
About one million persons live in the Copenhagen metropolitan area, and yet a dozen of bars, brewpubs and specialized shops (at least) seem to play on a level with no equivalent in France, at least to my knowledge. Maybe there are historical reasons to this: when the city’s water wasn’t drinkable, each family could go to the local brewery daily to get 16 liters of beer…
I have thus visited Cafe Plan B, and twice Mikkeller’s bar, and ended with a great shopping experience at Ølbutikken. Let’s start with the first one.
Si vous ne savez pas quoi faire ce soir, ce week-end, la semaine prochaine voire durant les quelques années à venir, prenez un billet aller-simple pour NYC, empruntez la ligne L ou G, selon l’endroit où
vous vous trouvez, descendez à Bedford Ave ou Metropolitan Ave, puis foncez directement jusqu’au 359, Metropolitan Ave. Voilà, vous êtes dans Brooklyn à Williamsburg plus précisément et devant vous, c’est le Spuyten Duyvil. De l’extérieur, ça ne paie pas de mine. A l’intérieur ? C’est le Pérou.
C’est tout simplement le “meilleur bar du monde” (titre que je leur ai mentalement décerné après le deuxième litre). Et même si ça n’est pas le cas, c’est un sacré coin de paradis pour tout amateur de bière normalement constitué… et pour les autres aussi. Je m’explique.
La carte, ou plutôt les adroises, tout d’abord. Il y a du vin (au verre, en bouteille), mais on n’est pas là pour ça. La grande spécialité de la maison, c’est la bière, et il y a de quoi faire.
Mieux encore, alors que je patientais devant le bar, attendant que l’on prenne ma commande, je ne pouvais m’empêcher de jubiler intérieurement. Pressions, fûts, bouteilles, raretés… toute la
sélection est tip-top : on retrouve tous ses breuvages préférés, des choses que l’on a toujours voulu goûter sans en avoir l’occasion, et de l’inconnu. Excitant, mais également rageant finalement : impossible de goûter à tout ce que l’on voudrait en une soirée ! Le nombre de bières à la pression est volontairement limité à une demi-douzaine : cela permet de varier la sélection régulièrement, et
de garantir une certaine fraîcheur sur l’ensemble de la gamme. Il y en avait ce soir là pour tous les goûts, dans tous les registres, de la Pilsner douce, crémeuse et houblonnée à la Stout bien plus corsée. Un cidre du Pays d’Auge (ma région !), pas mauvais quoiqu’un petit poil doux à mon goût, mais meilleur qu’à peu près tout ce que l’on trouve dans la grande distribution en Île-de-France.
Une ou deux bières sont proposées en fûts, c’est également l’occasion d’en profiter, car il n’y a pas de bar en proposant à Paris à ma connaissance.
En bouteilles… une bonne centaine de références à vue de nez. L’Europe et plus particulièrement la Belgique sont à l’honneur, ce dernier pays faisant d’ailleurs l’objet d’une déclinaison sous l’angle Flandres/Wallonie (+ Lambic, également et fort justement isolés). Belle sélection anglaise et américaine, mais aussi des pays plus exotiques : Japon, Italy, Suède, et même Sri-Lanka ! Last but not least, l’ardoise des “raretés”… proposées à des tarifs plus élevés (~15-25$) et quasi-uniquement en bouteilles de 75cL. J’eu l’occasion de déguster une Alaskan Smoked Porter, dont le goût fumé
était moins puissant que la Rogue Smoke dégustée une semaine plus tôt à la Blind Tiger Ale House, et contrebalancé par un arôme chocolaté fantastique.
Le service, par ailleurs, est excellent. On a affaire à des connaisseurs. Du moins, le type m’ayant servi toute la soirée savait visiblement de quoi il parlait et a réussi à me surprendre agréablement. A l’opposé de l’image du “beer nerd” bourru et taciturne, le jeune homme met à l’aise, discute, et sort LA bière que l’on voulait sans vraiment le savoir (“let’s work this out together as a team, right?”, très américain, mais là, ça n’est pas du vent, finalement). Possibilité de goûter gratuitement les pressions/cask avant de choisir. La verrerie est adaptée à l’optique “dégustation” : les verres type “verre à vin” utilisés permettent de mieux apprécier les arômes. Une bière offerte par la maison, ça fait aussi toujours plaisir… il faut dire que ma consommation dépassait sûrement allégrèment la moyenne de la clientèle + deux écart-types.
Ah oui et le cadre, l’ambiance, dans tout ça ? Ici aussi, on touche au génial. La clientèle est williamsburgienne : bobo, branchouille, d’un hétéroclisme homogène (pas sûr de vraiment me faire comprendre, là…). Je serais tenté de dire qu’en bon “Parisien” je me retrouve en terrain connu. Le juke-box diffuse une sélection de morceaux plutôt oldies, qui sied bien à l’établissement décoré façon fausse récup’ de brocante. On imagine toutefois que tout cela a été pensé ; ça a été suffisamment bien fait pour que ça ne choque pas. Au fond, une grande terrasse dans une cour intérieure attire du monde les soirs de beau temps. Enfin, cerise sur la gâteau, les proprio de l’établissement ont trouvé la formule magique permettant d’éviter les tags à l’intérieur des toilettes. De grands tableaux d’ardoise, quelques grosses craies, chacun peut laisser libre court à son expression, la bite dans une
main, la craie dans l’autre. Ou, en censeur autoproclamé, s’amuser à tout effacer le cul à l’air, aussi. Original ? Je ne sais pas. Astucieux ? Assurément !
Alors certes, sous ses faux airs de petit bar de quartier, on assiste au Spuyten Duyvil à une démonstration de cool savamment organisée, mais j’ai l’impression que ces mecs ont absolument tout compris. Un peu comme le gosse qui, à Disneyland, se fiche de savoir que dans le costume de Mickey, c’est Roger le poivrot ou Roberta le transsexuel, je considère ce bar comme mon parc d’attraction préféré, le genre qui pourrait me faire déménager sur place si j’habitais là bas. Et qui sait..?
En résumé, “faut-il y aller ?” : oui, bien évidemment. Allez-y, et au passage, profitez en pour découvrir New York s’il vous reste du temps, c’est une ville formidable !
Spuyten Duyvil
359 Metropolitan Avenue, Williamsburg
Brooklyn, NY, USA
718-963-4140
http://www.spuytenduyvilnyc.com
St Marks’ Place & 1st Avenue, East Village à New York. La nuit est tombée depuis quelques heures. Petits immeubles en brique, faune un peu plus jeune et bigarrée que la moyenne des quartiers plus policés.
Quelques restaurants sans prétention, quelques bars, des boutiques vaguement alternatives rappelant le passé plus sulfureux du quartier. Au 113, le Crif Dogs. On descend une courte volée de marches. L’entrée
est exiguë, car l’espace à droite est occupé par de vieilles machines d’arcade : Centipede, Ms. Pacman…
La spécialité de la maison, c’est le hot dog à la saucisse frite dans l’huile. A quelque chose près, on pourrait se croire dans un kebab français, certes un peu plus propre que la moyenne.
Sur la gauche, une double porte en bois aux vitres fumées : il s’agit d’une cabine téléphonique. On rentre, on décroche le combiné et l’on presse sur un bouton. Quelques secondes d’une impatience nerveuse plus tard, une porte s’ouvre du côté opposé à celui par lequel on a pénétré dans la cabine. Une charmante hôtesse apparaît. Derrière elle, non pas une salle remplie de scientifiques en blouse blanche travaillant sur une arme bactériologique dernier cri, le côté James Bond s’arrête là… encore que !
Toutefois, ça n’est pas maintenant que nous pourrons pénétrer dans l’antre. Malgré une demande de mise sur liste d’attente une trentaine de minutes plus tôt, nous ne pouvons toujours pas rentrer. On décide de faire un tour du pâté de maison.
La seconde tentative est la bonne. Même protocole, même personne à l’accueil vérification des cartes d’identité (on fait si jeunes que ça ?), on pénètre dans la pièce. Murs en brique, animaux réels ou imaginaires (un lapin cornu, par exemple) empaillés, photo anciennes kitschouilles, lumière tamisée, ambiance feutrée malgré une musique assez forte, dont la sélection “pop” au sens très large du terme semble quasi-aléatoire. A ce dernier détail près, l’ambiance fait très club privé, on pourrait toujours se prendre pour un agent secret en goguette.
Bar ou table ? On opte pour la table. Moins d’interaction avec les barmen qui versent, mélangent, secouent coktail sur cocktail. C’est en effet ce qui fait la réputation de l’endroit tenu par un ancien du Pegu Club, référence du genre à New York.
On découvre rapidement la carte. Une sélection d’une vingtaine de cocktails de saison est proposée, de même que quelques vins au verre et une demi-douzaine de bières locales. Il est aussi possible de se
restaurer, grâce au partage de la cuisine avec le Crif Dogs. Chaque boisson est décrite sur quelques lignes pour préciser le choix des ingrédients ainsi que la philosophie ayant présidé à sa conception. Il est a priori tout à fait possible de commander n’importe quel cocktail des plus classiques aux plus improbables. Toutefois, n’ayant aucune connaissance en la matière, et souhaitant découvrir les créations maison, on restera sur les choix offerts par la carte.
Pour la première tournée, on se laisse tenter par le “Bee’s Sip” (Chamomile infused Barsol Quebranta Pisco, Masumi “OkudenKantsukuri” sake, Barenjager Honey Liqueur) et le “Benton’s Old Fashioned” (Bacon infused Four Roses Bourbon, Maple Syrup, Bitters). Et pour éponger, un John John Deragon (hot dog préparé version bagel avec du “cream cheese” et quelques épices) et le Wylie Dog (saucisse frite, tube de mayonnaise frite, mélasse de tomates, oignons séchés laitue), conçu par Willy Dufresnes, chef du WD-50, restaurant de cuisine inventive. Après un peu d’attente pour nos boissons, ce qui s’explique par la grande méticulosité apportée à la préparation des cocktails, la commande arrive.
Première impression : on s’est trompé pour mon verre… ça ne doit pas être le Benton’s Old Fashioned. Je demande confirmation à notre serveuse, qui confirme que si, c’est bien ça. Intrigué, j’y regoute avec plus d’attention, et effectivement, les saveurs du bacon utilisé pour infuser le bourbon et du sirop d’érable sont extrêmement subtiles. Les bitters sont en revanche bien présents. Même si ça ne ressemble pas à ce à quoi je m’attendais, c’est loin d’être désagréable, très équilibré, ça se boit facilement, et ça n’est pas écoeurant, ce qui me rebute assez souvent dans ce type de consommation. Le Bee’s Sip étonne également. On retrouve un peu plus aisément la composition (en ayant la carte sous les yeux, bien sûr !), mais là encore ça reste extrêmement buvable.
Les hot dogs ? Ils apportent un contrepoint rustique à la sophistication des boissons. Le John John Deragon est excellent, et ressemble effectivement beaucoup à un “bagel & cream cheese”, mais avec plus de contrastes de textures, de température et de saveurs grâce à la présence de la saucisse et des épices. Le Wylie Dog est dans le fond plus classique. C’est ici surtout la forme qui change du hot-dog traditionnel, mais cela rend le sandwich plus difficile à manger sans mettre partout de la salade (elle déborde) et de la mayonnaise (une fois le tube croqué, elle a tendance à dégouliner). Il est du coup moins appréciable.
Malgré le coup de téléphone pour se mettre sur liste d’attente et la balade pour patienter un quart d’heure supplémentaire, il fallait s’estimer chanceux d’être là : le bar est tellement prisé que les réservations à faire à 15h pour le soir-même sont difficiles à obtenir, et la queue pour l’entrée au bar parfois très longue. Du coup, on commande une deuxième tournée.
Le Rhubarbarita (Partida Reposado Tequila, lemon, rhubarb puree, Grand Marnier, Veloce) est plus classique que le Bee’s Sip, mais j’ai décidément un problème avec la rhubarbe servie là bas. Le Mariner (Compass Box Oak Cross, pineapple juice, lemon, smoked cardamom syrup) est étonnament plaisant, et le whisky utilisé (de la gamme Compass Box, superbe série de blends, si si, on peut boire autre chose que du single malt !) apporte une finale légèrement fumée et longue en bouche.
En acompagnement solide : des frites ondulées avec du “fromage” (un genre de sauce épaisse brunâtre au goût indéterminé) et de petits piments. Génial, en tout cas ça remplit bien mieux son office que la “finger-food” de luxe que l’on pourrait imaginer être servie dans un bar à cocktails.
Pour terminer en douceur, une pinte de Brooklynator Doppelbock, une doppelbock produite localement (pour les amateurs, la brasserie de Brooklyn produit une Brooklyn Achouffe en collaboration avec la célèbre brasserie belge… je n’ai pas eu l’occasion de la goûter). Elle est excellente, ce qui aura été une constante avec les productions américaines testées durant le séjour.
On tient donc là un très bon bar qui peut faire office de “warm-up” avant de passer à des choses plus sérieuses, ou pour une soirée plus cool pour groupes peu nombreux. J’imagine que l’entrée dérobée peut produire son effet sur les personnes non averties, donc si vous voulez impressionner vos copains/copines lors d’un séjour à NYC et boire quelques boissons soigneusement mises au point et préparées, n’hésitez pas. Le gros point noir reste que l’on ne peut y débarquer et rentrer instantanément, sauf coup de chance. A vrai dire, si un endroit de ce type existait à Paris, j’irais probablement régulièrement.
Les cocktails de la carte coûtent 12$, les hot dogs 5$.
PDT
113 St Marks Pl,
New York, NY 10009
+1 212-614-0386
http://www.pdtnyc.com/