Archive for the ‘ MIAM ’ Category

[miam009] Le Versance

Après deux semaines de vacances passées à ingurgiter les mêmes plats au déjeuner et au dîner, et après avoir dévoré le dernier livre deMillau, j’attendais avec impatience de pouvoir aller dîner dans un restaurant bien de chez nous.
L’ouvrage sus-cité m’avait donné une énorme envie de lièvre à la royale. Malheureusement rares semblent les restaurants parisiens à inscrire ce plat à la carte régulièrement, même lors de la saison du gibier.
Finalement, ça sera le Versance, restaurant situé à deux pas du Truskel (beurk beurk), rue Feydau dans le IIe.

L’apéritif se prend dans un petit salon attenant à la salle du rez-de-chaussée. Tables basses, fauteuils confortables, décoration apaisante faite de blanc et de gris, ambiance feutrée, c’est l’idéal pour se remettre d’avoir entendu une partie de la balance de Cotton Field Blues Band, groupe à qui l’on souhaite déjà une très courte carrière.

Deux verres de Moutardier, des flûtes de pâte feuilletée et une petite mise en bouche à base de saumon et de crème au raifort, on passe à table. Pour des raisons de commodité, on restera au rez-de-chaussée, je ne saurais donc dire comment est la salle de l’étage.

On choisit les entrées et plats recommandés par le chef pour ce jour. Tout d’abord, le « foie gras à la plancha et son crumble, artichaut et son émulsion à l’huile de truffe ». Ouf. Les portions de foie gras sont généreuse, et celui-ci est de qualité. La cuisson est bonne, et le fin crumble apporte un contraste de texture et de goût intéressant. Les artichauts braisés restent discrets et supportent élégamment la viande. La truffe de l’huile de truffe, elle, reste en revanche lointaine…

En plat, une « cuisse de lapin confite au piment d’espelette et citronelle, polenta à l’huile de cèpe et ses herbes ». Plat de belle
composition, il y a du volume, des couleurs, de la légèreté et de la rigidité. On n’est pas non plus chez Gagnaire non plus, mais c’est toujours agréable d’avoir une belle assiette. La cuisse de lapin est très fondante et bien cuite, on retrouve bien
la viande mais le goût du lapin cède cependant un peu devant la citronnelle, ce qui en peut dérouter certains. La polenta aux herbes se révèle une bonne surprise et fait figure de parfait accompagnement, l’accord se fait bien avec le Chassagnes-Montrachet. Ca n’est pas un plat « classique », du fait des épices et herbes employées, mais le chef insiste sur le fait qu’il ne fait pas non plus de cuisine « fusion ».

Très longue attente avant d’être débarassés de nos assiettes, puis nouveau flottement avant de recevoir la carte pour les desserts. J’ai encore faim et l’on hésite entre trois d’entre eux, on décide donc de se les partager à deux (j’ai vu F. Simon faire ça, donc on doit pouvoir se le permettre !).
Crémeux café, coeur au Baileys et sauce chocolat fort : crémeux bon mais un peu passe-partout, chocolat très épicé, effectivement tout en puissance, enivrant. Le chef emploie de nombreuses épices pour le préparer : cannelle, clous de girofle, poivre de Sichouan, poivre et gingembre… et pour autant aucune ne domine les autres, bravo. Duo poires et chocolat, tuile carambar et son yaourt glacé : yaourt glacé et tuile carambar comme on les attend, mais néanmoins très bons. Les petites poires revenues sur le fin gâteau craquant/moelleux au chocolat font merveille. Le verre de Maury servi en accompagnement est également bien choisi.
Délices bananes et pain d’épices, ananas frais, croustillant et coulis aux fruits de la passion : complètement à l’opposé des desserts précédents. Ici, les goûts explosent dans tous les sens, c’est frais, acide, sucré, juteux… l’ananas est effectivement très bon, le duo bananes/pain d’épices est effectivement agréable et les petits cubes  d’ananas ainsi que le coulis fruits de la passion permettent d’apporter la touche d’acidité nécessaire à l’équilibre de l’ensemble.

La carte des cafés, thés et digestifs est intéressante et les prix, comme pour les vins, restent très corrects.

Moins de 180EUR pour deux en y allant à fond, de l’apéritif au digestif, avec trois desserts, pour la qualité de la cuisine, le cadre et le service très attentionné (quand il ne vous oublie pas…) c’est franchement très bien. Ca n’est pas pour tous les jours non plus.

Le Versance
16 rue Feydeau
75002 Paris
01 45 08 00 08
http://www.leversance.fr

[miam008] Caves à bières parisiennes

Boisson fédératrice s’il en est, la bière est aussi bien consommée par les élites (moi) que par sa plèbe (vous). Cependant, de la bière de chantiers – idéale pour s’enivrer pas cher – aux plus fins breuvages venus des quatre coins du monde – idéaux pour s’enivrer plus cher mais en faisant plaisir au palais – il y a un pas. On commence généralement à le franchir en cherchant quelque chose de différent dans les rayons de sa grande surface préférée… lesquels recèlent parfois d’excellentes surprises, à côté des classiques et néanmoins très bonnes Chimay ou Duvel, largement distribuées.

Ma curiosité et ma quête du bon goût m’ont poussé à faire le tour dans les caves à bières parisiennes. Ca a été assez vite fait, à vrai dire, ils ne sont que trois à ma connaissance (et à la connaissance des dits cavistes également).

- La Cave à Bulles

Celui-ci est le plus récent. La Cave à Bulles a ouvert ses portes en juillet 2006, et Simon Thillou, son propriétaire, y propose un très vaste choix de bières artisanales françaises. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il a tout, car ça n’est effectivement pas le cas, mais les références sont extrêmement nombreuses et pointues. M. Thillou est de bon conseil, connaît manifestement très bien ses produits, et saura conseiller les indécis.
Son magasin, situé en plein centre de Paris, est spacieux et bien présenté, même si cela manque un petit peu de charme.
Un petit coin est dédié aux bières étrangères (belges, notamment), mais il s’agit plus de quelques références présentes par conviction sur la qualité du produit et histoire d’avoir quelque chose à proposer en marge des françaises.
Les prix restent raisonnables pour la capitale, mais compter tout de même un peu plus de 2 EUR pour une canette de 33cL.

http://www.caveabulles.fr
01 40 29 03 69
45, rue Quincampoix
75004, Paris

- La Soif du Malt

Autre lieu, autre ambiance. Ce magasin situé entre le XIe et le XIXe arrondissement ne paie pas spécialement de mine. Il serait facile de passer à côté, tant la devanture est tristouille… heureusement, un panneau Chimay annonce la couleur.
Le choix est plus centré sur les bières belges, même si quelques allemandes et françaises sont vendues, ainsi que les bières
canadiennes Unibroue.
On retrouve les indispensables classiques : Chouffe, Saint-Feuillien, Maredsous, Moinette, mais aussi et surtout Triple Karmeliet, Rochefort, Westmalle ou même les Bons Voeux de la Brasserie Dupont…
C’est donc une vraie petite caverne d’Ali Baba, version belge avec du gras au bide et du rose aux joues pour les trésors et version Russie soviétique pour la présentation.
Effectivement, l’intérieur du magasin fait très Europe de l’Est, avec quelques étagères métalliques, pas toujours pleines, et le peu de déco plus que défraîchi. Figure également un frigo, toujours très pratique lorsque l’on va prendre l’apéro chez des potes et que l’on a envie de boire sa bière à température acceptable. Derrière le comptoir, une « arrière salle » (en fait à peine séparée par un petit rideau) où se rejoignent les amis du patron pour déguster quelques (dizaines de) bières durant les heures d’ouverture. On aimerait faire partie du cercle, voire ouvrir son propre magasin pour les imiter…
Les prix sont en moyenne peut-être légèrement plus élevés qu’à la Cave à Bulles, mais les bières belges présentes sont en moyenne plus alcoolisées, la différence peut se trouver là.

http://www.lasoifdumalt.com
01 43 57 39 15
77 rue Saint-Maur
75011 Paris

- Bootlegger

Mon préféré. C’est le dernier dans lequel je me suis rendu après être arrivé à Paris, mais j’y reviens depuis très (parfois trop !) réguilèrement. Question de proximité avec mes lieux de travail et de résidence, mais question d’ambiance et de choix également. On est dans le XIVe arrondissement, quartier de petits commerçants et bistrots. Le magasin s’identifie facilement : devanture colorée, vitrine bien présentée, éclairage valorisant le soir… difficile de ne pas être irrésistiblement attiré par ce temple parisien de la bière de qualité.

L’accueil de Christian, le propriétaire, sorte de vieux sage bourru, n’est pas forcément très chaleureux d’emblée, sans être désagréable pour autant. La présentation du magasin est soignée, et renouvelée régulièrement. Les bières y sont classées par régions géographiques. Le rayon de bières allemandes est plus conséquent qu’ailleurs à Paris, quelques bières internationales avec encore une fois les incontournables Unibroue (à quand les Dieu du Ciel en France, bordel !). C’est bien
évidemment la Belgique qui est la mieux représentée, avec un choix certes pas exhaustif (il faudrait probablement un entrepôt, pour cela), mais très fourni et orienté vers les meilleurs breuvages d’outre-Quiévrain.
Belle collection de verres également, ainsi que quelques paniers cadeaux, toujours un peu chers pour ce que c’est, à mon avis. Les bières ne sont pas données non plus, légèrement plus cher qu’à la Soif du Malt si ma mémoire est bonne. A titre d’exemple, la 75cL de Triple Karmeliet est vendue 5,15 EUR. Mais c’est tellement bon…

Ambiance conviviale les soirées de fin de semaine, avec quelques commerçants et/ou amis du quartier venant prendre l’apéro, nous ayant même à l’occasion aidé à charger les bières dans la voiture !

http://bieres-bootlegger.nuxit.net/
01 43 27 94 02
82, rue de l’Ouest
75014 Paris

Evidemment, si vous habitez le Nord ou la Belgique, tout ceci doit vous sembler complètement fou, surtout au niveau des tarifs… En même temps, vous n’avez pas plus de Westvleteren que nous.

(j’en profite pour glisser un mot à propos de cette bière : j’avais repéré des vendeurs de Westvleteren sur eBay. Alors certes, c’était à peu près le double du prix à l’abbaye, mais bon, merde, j’ai soif. En fait c’est pas le double, mais le quadruple, lorsque l’on prend les frais de port en compte. Et puis je me suis dit que j’avais bien fait de ne pas céder à la tentation, car feriez vous confiance à une personne qui va se procurer tous les mois ses deux cageots de West, pour s’enrichir grâce à ça, au lieu de la boire tranquillement avec ses copains ? Pour moi, c’est plutôt la définition d’un gros enculé
qui prive d’honnêtes gens de leur boisson favorite pour s’engraisser et boire du spiritueux de whisky coupé à la Bastion en écoutant sa collec’ de Johnny Halliday. Et je ne me classe même pas dans les honnêtes gens privés de leur bière, parce que je n’y vais pas, à Westvleteren.)

[miam008] Galettes jambon-fromage Picard surgelés

Ben franchement un lendemain de cuite, lorsqu’on a grave la dalle, ça le fait méchamment. 4 min 30 sec au micro-ondes pour deux délicieuses et onctueuses galettes à la garniture que l’on sent préparée avec amour par des employés d’usine avec charlotte sur la tête, sabots blancs et blouse blanche…

Ceci étant dit, prévoyez en trois ou quatre par personne, parce que c’est pas vraiment roboratif.

[miam07] jambons ibériques

J’avais commencé à écrire un truc sur les jambons ibériques mais c’était ennuyeux au possible, pire encore que les autres miams, donc je vais faire plus concis (mais tout aussi pénible). Pour ceux qui ne veulent pas aller plus loin que ce paragraphe, la version résumée : dans le cochon, tout est bon, mais surtout les glands. Comme ça ne veut rien dire, autant lire le reste…

Donc, je ne souhaitais pas parer d’un restaurant, d’une boutique (enfin un petit peu quand-même), ni même d’une marque, mais plutôt d’un produit, découvert ce week-end.
Beaucoup pourraient rire de ma candeur, de mon innocence naïve, ils auront raison. D’autres crieront à l’imposture parce qu’ils en parlent dans l’avant-dernier numéro de Elle (celui avec Monica Belluci blonde en couverture). Ca en revanche, ça m’attristerait beaucoup. Bref.

Les jambons ibériques ? C’est des pattes de petits cochons espagnols ou portugais, aux sabots généralement noirs (d’où l’appellation « pata negra »), élevés en plein air sur la montagne, et qui se nourrissent principalement de glands (« bellota », autre appellation générique pour ces jambons).

Ca donne quoi ? Quelque chose de fameux qui vous fera vite oublier le plus délicat des San Daniele. Le service est déjà très différent : il se fait sous forme de petits copeaux taillés directement au couteau dans le jambon. La chair est parcourue par des nombreuses nervures de graisse, laquelle commence même à fondre et à transpirer à température ambiante (un peu à la façon du lard ou du bacon que l’on fait griller). Le goût est très caractéristique, et l’on retrouve directement la saveur de noisette dûe à l’alimentation particulière du porc durant son élevage.
Il existe bien évidemment plusieurs régions de production, et donc autant de variétés de jambons ibériques, qui ont toutes leurs particularités. Parmi mes dégustations : l’Alentejo, jambon portugais où le goût de noisette se fait sentir de façon très prononcée, le Jabugo, plus subtil et extrêmement tendre et enfin le Salamanca, probablement le plus parfumé et le meilleur du lot.

On peut trouver ce genre de produits dans diverses épiceries fines et/ou espagnoles, en tout cas à Paris. Pour ma part, je suis allé chez Da Rosa, rue de Seine dans le VIe, qui propose de nombreuses spécialités espagnoles et italiennes à emporter dans sa petite partie épicerie. Dégustation possible sur place pour motiver l’achat, évidemment. Les prix sont bien évidemment exhorbitant : compter un peu plus de 20EUR les 100g de jambon. Et encore, l’Unico, jambon issu d’une race pure et considéré comme le meilleur se vend à 28EUR. Malheureusement samedi soir, il ne restait plus que la fin de la
patte, que l’on m’a déconseillée car trop trop sèche et fait confirmer par une petite dégustation.
Il existe probablement d’autres endroits où vous pourrez trouver ces produits pour moins cher (Lafayette Gourmet, Grande Epicerie, ou à l’inverse petites échoppes moins connues ?) mais il n’existe probablement rien en dessous de 120 à 150EUR les 100g. Toujours chez Da Rosa vous pourrez trouver d’autres produits fins en tous genres, c’est plutôt cher, mais quitte à regarder l’équipe de France perdre en jouant comme une merde, autant bien manger et bien boire.

Finalement c’est super long pour pas grand chose d’autre que dire que le jambon bellota ça n’a rien mais alors rien à voir du tout avec tout ce que vous avez pu manger comme jambons jusqu’alors.

[miam06] Afaria

Où est-ce qu’on mange ce soir ? Dans un restaurant ouvert tout récemment, Afaria, bistrot basque sis dans le XVe arrondissement parisien. Son chef, Julien Duboué a déjà roulé sa bosse dans quelques tables de renom comme le Carré des Feuillants. Ca part donc a priori du bon pied. De plus, les chroniques dithyrambiques défilent dans la presse.

Alors on y va l’appétit trouillard, la faim angoissée, l’inquiétude chevillée à l’estomac… devant tant de louanges, l’on ne peut être que déçu… le plaisir de la découverte, il n’en reste forcément rien… Voilà un peu l’état d’esprit dans lequel j’aborde
l’établissement, à tout juste 20h15, un jeudi soir.

C’est plutôt joli. C’est un bistrot, donc oubliez les moulures, dorures, marbre et linge de table brodé. Mais c’est sobre, net, précis et très propre. C’est neuf, mais ça n’est pas tape à l’oeil. Au moins ça de gagné.

L’accueil est tout de suite très agréable. On s’installe et l’on s’étonne… Trois tables d’occupées seulement ? Certes on est en
semaine, mais tout de même… on n’est pas les seuls à lire la presse. Si ? Ou alors ceux qui ne sont pas là savent qu’il ne faut pas leur faire confiance, à ces raclures de journalistes, qui nous dirigent vers des tables médiocres pour pouvoir déguster les plats les plus fins et bon marché au calme ? On va voir…

C’est en sirotant un petit Mâcon-Villages correct que l’on découvre la carte. Petite originalité, au lieu d’être organisée par type de plats (« Entrée », « Poissons », « Viandes », « Desserts »), c’est une déclinaison de quatre menus par thèmes qui est proposée : « Les Sudistes », « A partager à deux », « Petits appétits » et un dernier dont l’intitulé m’échappe déjà. Chaque thème propose une entrée, un plat et un dessert, mais rien n’oblige à s’y cantonner. On peut donc prendre l’entrée de l’un, le plat d’un autre et le dessert d’un troisième. Manquerait plus que ça.
Le Chef propose également un menu dégustation en 5 services concoté selon les produits et envies du moment : deux entrées, un poisson, une viande et un dessert. Le tout en demi-portions, comme il se doit. En clair, c’est concis, net et précis.

Après quelques minutes, un peu longues sous le coup de la faim, et peut-être même dans l’absolu, nos entrées arrivent. Dans mon assiette, le fameux boudin aux pommes en croûte de moutarde tant attendu, le fameux « plat de la rentrée », et en face, c’est une soupe d’artichauts qui est servie. Cette dernière est fabuleusement onctueuse, presque crémeuse, et fraîche. Ca a effectivement goût d’artichaut, ce qui est certes la moindre des choses, mais ne serait pas forcément évident chez certains restaurateurs.
Armé de l’équipement maison, j’attaque le petit millefeuille noir et or qui me fait de l’oeil depuis trop longtemps déjà, fièrement dressé comme une brique de concentré gastronomique. A la découpe, on devine déjà sous le couteau une rare douceur, une texture d’un moelleux très cohérent. En bouche, le goût rejoint les apparences. C’est doux, fondant, équilibré et pour autant pas commun. Le boudin est là, oui, la pomme aussi… la moutarde vient en contrepoint apporter une petite
touche acide à cette débauche de douceur, tout juste grasse comme il faut. Les goûts se mêlent sans s’entrechoquer, que dire de plus ? Rien parce que l’on ne mange pas la bouche ouverte, et que l’on ne va pas s’arrêter pour parler alors qu’on pourrait se foutre du boudin dans la bouche à la place. C’est quand-même plus important.

C’est vite fini et ça a un fort goût de reviens-y, mais il faut bien passer aux plats. Ce qui n’est pas le parti-pris de tout le monde, car une table voisine fit changer l’échine de porce par un 2e boudin aux pommes, et ce pour les deux convives. Si c’est pas un gage de qualité ! Et d’ailleurs, cette entrée était omniprésente. On imaginerait presque les gens s’asseoir à leur table et réclamer en chantant leur boudin aux pommes dont les mérites seraient vantés jusqu’au delà du boulevard périphérique. Un ris de veau de mon côté, une daurade grillée à la plancha de l’autre. La daurade, parfaite, cuite juste comme il faut. Elle est servie sur un lit de spaghetti façon paëlla. Ce ne sont pas vraiment des spaghettis en fait, mais les versions longues des tagliatelles, dont le nom ne me revient pas (allez faire un tour sur le site de De Cecco si vous voulez, là, j’ai la flemme). Tout ce qui compte c’est que c’est délicieux. Ca a vraiment goût de paëlla, et pas n’importe laquelle. Epices équlibrées, fruits de mer frais et présents (on évite le coup de la moule solitaire qui se balade dans le plat, et dont on s’aperçoit que, trop cuit, le mollusque avait quitté la coquille). Mon riz de veau ? Convaincant. Mallheureusement pas transcendant, car peut-être un pilochouïa trop cuit. Le riz sauvage et la sauce d’accompagnement faisaient très bon office. C’est le genre de plat qui correspond bien à son intitulé… mais j’en aurais presque voulu plus. Ca reste du bon ris de veau, et comme j’adore ça, je n’ai pas fait la fine bouche.

Un dessert ? Allez, moi j’avais encore faim de toute façon. Salade de fruits, chocolats et gourmandises à tremper dedans, crème au chocolat, tourtière aux pommes ? Ce sont ces deux derniers que nous choisissons. On craint encore une fois le pire. On est dans un bistrot, donc pas vraiment de chef pâtissier attitré. On risque le dessert rassis de l’avant-veille, le claquage sucré. Et pourtant… la crème au chocolat, sauce caramel à la fève de tonka et coulis de fruit rouges de ma compagne : surprenante ! C’est léger, ça a du goût, des goûts, même, on s’en lècherait les babines après avoir plongé le bec dans la coupelle pour l’essuyer sauvagement.
Ma tourtière aux pommes, glace à l’armagnac et aux pruneaux ? Fantastique ! Les gâteaux aux pommes, c’est toujours dangereux, on est sur la corde raide, magnifique quand c’est bon, dégueulasse si c’est ne serait-ce qu’un rien moins qu’exceptionnel. Et bien là on n’est pas déçus. Deux fines couches de pâte enveloppant la pomme, le tout légèrement relevé de notes de cannelle. Délicieux. La glace qui l’accompagne ? Douce, servie à bonne température, accompagnement
idéal. Des desserts qui parviennent presque à nous faire oublier le reste du repas, dans un endroit comme celui-ci, c’est surprenant. On est conquis.

Le service ? Trois agréables jeunes femmes qui papillonnent entre les 55 couverts du restaurant. Elles sont parfois débordées, lors du coup de feu de 21h, la salle pleine à craquer, un poil bruyante et surchauffée. Ca reste quand-même très bien. Mention spéciale à notre serveuse, très charmante petite jeune femme brune. Malheureusement on est accompagné et c’est – je crois – la femme du patron. On est là pour manger de toute façon.

Les prix ? A la carte, comptez entre 25 et 40 EUR selon les plats choisis. Menu dégustation à 42 EUR, menus du midi entre 17 EUR et 27 EUR.
Petite sélection de vins dans tous les registres… une ou deux bouteilles par région, ça peut faire juste.
Quelques vins aux verre, de 4 à 6 EUR.

Ah et il y a aussi une carte de tapas, ainsi qu’une grande table de 8/10 personnes pour les déguster (mais on peut aussi les commander dans la salle de restaurant). Ca a l’air un poil cher (7 EUR la tortilla, toute juste pour deux), mais quelque chose me dit qu’on y retournera pour essayer !

Afaria
15, rue Desnouettes (M° Convention)
Paris XVe
01.48.56.15.36