Bières du mois – octobre 2011
Un mois de retard, encore une fois… ça devient presque une (mauvaise) habitude. Octobre ne fut pas un énorme mois en matière de découvertes.
Parmi les bières vaguement décevantes, la Saison St Feuillien qui, si elle répond bien aux canons du genre, m’aura surtout laissé avec une énorme envie de reboire de la Bon Voeux, ou simplement la Saison Dupont. Pas une catastrophe non plus, mais rien de bien excitant dans la Slaapmustke Bio-Tripel (brassée par De Proef), que j’ai trouvée trop sucrée et fruitée, y compris par rapport à d’autres belges du même genre. Je ne peux pas dire qu’il s’agisse là de mauvaises bières non plus, ce qui me rappelle la chance que j’ai de pouvoir déguster, en moyenne, des choses encore meilleures.
Les quelques bières de la brasserie Rogue dégustées à Barcelone furent globalement d’un bon (Brutal IPA, OREGasmic Ale) voire très bon (Dead Guy Ale) niveau, à l’exception de la Orange Honey Ale, évidemment plutôt fruitée, et également très très marquée par le blé… trop à mon goût.
Encore un cran au-dessus de tout ça, la Port Brewing Mongo IPA, si elle n’a rien d’extraordinaire, est un bon exemple d’IPA américaine fruitée et amère. Evidemment, il y a mieux ailleurs, mais difficile de bouder son plaisir en la buvant.
J’ai également commencé à goûter la série des Stillmans Darach Mor, des bières suisses vieillies dans différents fûts ayant contenu des single malts écossais. Comme j’aime faire les choses dans l’ordre, j’ai commencé par la 10 et la 20, ayant toutes deux vu la couleur de fûts en provenance d’Islay (distillerie non précisée pour la 10, Bowmore pour la 20). Evidemment, la typicité des whiskies de cette île ressort très nettement dans ces bières développant des arômes tourbés très marqués, accompagnés de notes plus sucrées de malt et de caramel. Elles restent toutefois suffisamment subtiles pour pouvoir être appréciées sur la longueur, évitant là le principal écueil des bières aux goûts fumés/tourbés agréables à la première gorgée, lassantes à la troisième et écourantes au-delà. La version 20 est peut-être un peu plus équilibrée, plus ronde, mais n’ayant pas fait la dégustation des deux simultanément, il m’est difficile de les comparer de manière beaucoup plus précise.
Les bières qui vont suivre jouent dans le registre de l’excellence. Deux breuvages en provenance de Cigar City m’auront marqué. La Guava Grove, pour commencer. Il s’agit d’une ale forte de style belge brassée avec de la goyave, dégageant des arômes d’esters particulièrement agréables, et aux saveurs également fruitée, finissant sur une note sèche et épicée, rendant le tout particulièrement harmonieux. La Jai Alai IPA, ensuite : c’est la bière qui sert de base à l’Humidor IPA, l’une de mes favorites dans le genre. Et ça se sent : si l’absence de vieillissement sur du cèdre est clairement perceptible, j’aurais du mal à départager les deux d’un point de vue qualitatif. On retrouve les arômes floraux, les fruits exotiques (pamplemousse, mangue, notamment), une touche de résine, et la finale franchement amère… le tout habillé de cette indescriptible et magique complexité qui fait le goût Cigar City.
Pour terminer, encore une bière suisse : la Cuvée Délirante brassée à BFM en collaboration avec Spike de Terrapin. Oui, j’en ai déjà parlé en août, mais c’était sur la fin d’une séance de dégustation assez longue, et j’ai envie d’enfoncer le clou. Il s’agit d’un « Barley Ryne » : comprendre par là, un Barley Wine brassé avec 20% de seigle ayant subi un vieillissement en fûts de rhum. Une bière ne dégageant quasiment aucun gaz aux saveurs multiples mais parfaitement bien intégrées et définies. Cela commence par du sucré, du fruité, puis le boisé, le seigle apportant des accents plus rustiques au tout. L’amertume arrive plus tard, de manière d’abord peu perceptible, puis devient plus franche, pour enfin prendre complètement le dessus de façon très persistente, manière de point d’orgue à la dégustation. Ruez-vous dessus avant qu’il n’y en ait plus.
Bières achetées chez Erzbierschof pour la plupart, ou bues à Barcelone au George & Dragon pour les Rogue et la Slaapmustke. Ce dernier a d’ailleurs la bonne idée de se trouver juste à côté de l’excellentissime Tapaç24, dont je devrais reparler ici même dans quelques jours, si je retrouve un peu de courage pour ça.

