Bières du mois – août 2011

Août fut un mois plutôt intéressant en matières de bière. Cela tient surtout au fait que j’ai eu la chance de pouvoir visiter le tout nouveau Bar Erzbierschof pour une séance de dégustation en très bonne compagnie. On y aura bu de l’excellent comme du moins bon. C’est bien, ça permet d’apprécier d’autant mieux la qualité du travail des bons brasseurs.


Ainsi, les bières de la brasserie Masia Agullons furent assez constantes dans leur médiocrité, souvent marquées par des défauts, surtout sur la Dalmoru (explosion de coriandre et d’épices tentant de masquer la pauvreté aromatique de la bière) et la Pura Pale. La meilleure du lot, quoique pas pleinement satisfaisante à mon goût était probablement la Runa Brown Ale, qui ressemblait assez bien à ce que l’on attend d’une brown ale, sans éclat toutefois.

Autre grosse déception : la Marche’l Re de LoverBeer, le pape du brassage amateur en Italie, désormais passé pro. Cette Imperial Stout parfumée au café développait en effet des arômes de café et caoutchouc brûlés ainsi qu’un mélange d’aigreur et d’amertume très marquées. Bref, une bière brutale difficile à apprécier.

C’est d’autant plus dommage car par ailleurs les deux autres LoverBeer dégustées furent fantastiques : premièrement la Madamin, dont l’acidulé se mariait parfaitement aux saveurs finement fruitées, et enfin et surtout la BeerBera. Cette dernière est fermentée sans aucun ajout de levure, mais grâce à l’apport d’un jus de raisins Barbera pressés avec leur peau. Pas de surprise pour une fermentation spontanée : on est dans le registre de l’aigreur, durable en bouche, et évidemment accompagnée des saveurs du raisin. Les 8% d’alcool sont très présents, sans que ça soit dérangeant pour la dégustation.

Puisqu’on parle de fermentation spontanée, également dégustée ce jour là : la Gueuze à l’Ancienne de la toute jeune Gueuzerie Tilquin. Rien à dire, il s’agit là d’un excellent exemple d’assemblage de lambics Boon, Lindemans, Girardin et… Cantillon que Tilquin est le seul à pouvoir utiliser ! Du classique de haute voltige, à l’acidité bien équilibrée. A suivre de très près dans les prochaines années !

Toujours dans le registre des bières acidulées, trois autres très bons specimen :
- la Cuvée Délirante, un Barley Wine issu d’une collaboration BFM / Terrapin dans lequel on retrouve complètement le goût BFM, très peu gazeux (à la manière d’une Saint Bon-Chien 2009) et dont l’amertume marquée se dévoile très progressivement jusqu’à la finale, très longue. Une belle addition à la gamme BFM, déjà bien fournie ;
- la Framboise de Amorosa de chez Lost Abbey : la grande classe pour cette brasserie qui maîtrise parfaitement les brettanomyces. Une bière très fruitée mais également très sèche et acide, pour un mois d’août très chaud, c’est parfait ;
- la Haandbryggeriet Aqua Vita Porter, un Porter laissé à vieillir quelques mois dans des fûts d’aquavit. Absolument impressionnant : ça commence par un nez fantastique qui mêle aigreur vinaigrée, boisé, malt grillé et retours d’aquavit. En bouche, on a vraiment trois temps dans la dégustation, l’acidité d’abord, qui se fond dans le malt grillé, dont les saveurs vont finalement laisser place à celle du vieillissement en fûts, l’aquavit faisant bien sentir sa présence. Le tout se mêle dans une finale plutôt longue et incite encore et toujours à reprendre une gorgée. Dégustée à deux sur une heure de temps… ma bière préfére du mois. Et dire qu’elle n’est plus produite. Un grand merci à Toni de Erzbierschof pour me l’avoir offerte il y a quelques mois.

Dans un genre tout à fait différent, deux autres bières m’ont également fait forte impression en août. La Bitch Please de BrewDog et Three Floyds est l’une d’elles. Ce Barley Wine à l’alcool bien dissimulé (12% que je n’ai pas senti passer !) aux arômes de whisky tourbé rappelle effectivement les meilleures productions de l’île d’Islay, mais sous forme de bière. Rien à dire c’est du très très bon boulot. A commander en grande quantité !
Enfin, l’illustre Black Albert de Struise. Achetée il y a deux ans déjà, je n’y avais jamais goûté. Une bière d’un noir intense, complètement opaque, très marquée par le chocolat, le café, les fruits rouges. Beaucoup de corps, douce sans être sucraillée, suffisamment de houblon pour équilibrer le tout et une longueur en bouche énorme… En bref, c’est tout ce que j’attends d’une Imperial Stout. Celle-ci figure clairement dans le haut du panier.

Toutes ces bières ont été offertes par ou achetées chez Erzbierschof.

Pour suivre tout ça en direct, ce qui n’a aucun intérêt : http://untappd.com/user/olivier

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