Bières de la semaine 24/2010
Ninkasi Blonde, Ninkasi Ambrée
Deux bières de cette brasserie lyonnaise, assez en vue actuellement : la blonde et l’ambrée, plutôt classiques a priori.
Cela se confirme très rapidement à la fois dans le verre et en bouche. La Blonde est bien faite, légèrement fruitée et donnant légèrement dans le houblon, mais sans excès. C’est sans grand éclat, sans surprise, mais on sent que la brasserie maîtrise son sujet, ce type de bière légère et peu alcoolisée n’étant finalement pas le plus simple à réussir.
L’ambrée était finalement peut-être presque moins convaincante. On a clairement affaire à la même brasserie, même si celle-ci délivre des saveurs plus maltées et épicées. Bien.
St Peter’s Old Style Porter
Ce porter de la brasserie St Peter’s est un mélange de deux bières, l’une vieillie, l’autre plus jeune, plus légère, perpétuant ainsi la méthode d’élaboration de ce style de bière en Angleterre.
Dans le verre, c’est évidemment un liquide brunâtre, aux reflets rouge que l’on observe. Au nez, caramel et malt torréfiés sont arômes les plus évidents, et les goûts sont en accord. Des saveurs de café sont également bien perceptibles, et l’amertume . C’est une bière plutôt légère en bouche, d’un classicisme auquel St Peter’s nous habitue, souvent avec succès, sans complexité excessive ni simplicité réductrice.
Un très bel exemple de porter anglais.
BFM – Tarry Suchong
Cette BFM est brassée avec du thé fumé, le Tarry Suchong, d’où elle tire logiquement son nom. J’en attendais beaucoup, je suis quelque peu resté sur ma faim.
Pourtant, difficile de faire de vrai reproche à cette bière, dans laquelle on retrouve effectivement la patte BFM. Cependant, je m’attendais à quelque chose de plus brillant et étonnant. Au final, cette Tarry Suchong reste très équilibrée, ce qui m’a désarçonné. Si l’on ressent bien le thé, et que ce goût reste bien présent au long de la dégustation, son côté fumé est un peu noyé dans le tout, et se devine plus qu’il ne se ressent réellement.
Du coup, je ne sais qu’en penser. C’est une BFM, une bonne BFM, même, mais finalement trop en ligne avec le reste de la gamme, dans laquelle d’autres références (moins onéreuses !) me plaisent largement autant.
Brasserie des Cieux – La Bave du Dragon
La Brasserie des Cieux, c’est avant tout D. Javet, basé en Suisse. Ce brasseur amateur a acquis une petite réputation dans le milieu francophone, et a d’ailleurs brassé la Bave du Dragon à l’Abbaye des Trois-Dames, l’une des brasseries suisses de qualité.
La bière est présentée comme très amère, avec un clin d’oeil aux fans de Tolkien (“toute l’amertume de Smaug” est-il écrit sur l’étiquette). La liste des ingrédients, quoique classique, semble aller dans ce sens, avec l’utilisation des houblons magnum et simcoe, la partie arômatique étant a priori plutôt assurée par le cascade. L’influence est clairement celle des IPA américaines.
Ca se retrouve effectivement dans le verre. En humant le liquide d’une belle couleur ambrée, on retrouve le houblon, mais aussi beaucoup de caramel malté. Celui-ci apparaît également en bouche, mais laisse immédiatement place aux saveurs amères et légèrement acidulées du houblon. On pense d’abord aux agrumes, puis l’on découvre rapidement les saveurs plus florales habituelles pour les bières contenant la variété cascade.
Nous sommes là en présence d’une bière qui ne cherche pas à jouer dans le registre de la complexité à outrance. L’idée de base était probablement de s’approcher des IPA américaines très amères. De ce côté là, c’est plutôt réussi. Les amateurs de houblon apprécieront donc cette bière simple mais bien faite, sans pour autant révolutionner le genre.
Harviestoun – Old Engine Oil
Entre les jeunes fous de Brew Dog et la vieille aristo Traquair, Harviestoun fait partie des brasserie écossaise plutôt réputées auprès des “beer geeks”, notamment pour sa gamme de bières vieillies en fûts de single malts, les Ola Dubh.
La Old Engine Oil fait partie de la gamme de base de la brasserie, et porte assez bien son nom, puisqu’on trouve là une bière très sombre, presque noire, délivrant une mousse brunâtre.
L’arôme le plus évident est celui de café, derrière lequel on aperçoit une touche de houblon.
En bouche, café et chocolat retiennent tout d’abord l’attention, puis c’est une longue finale tout en amertume qui suit. C’est une bière que je classerais à la limite de la catégorie “extrême”, très bien tournée dans ce genre faisant la part belle aux malts torréfiés.

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