Bières de la semaine 23/2010
Unibroue Eau Bénite
Contrairement aux autres Unibroue dégustées ces derniers temps, je ne connaissais pas l’Eau Bénite. D’ailleurs, impossible d’en trouver trace sur le site de la brasserie. Il ne s’agit pourtant pas d’une nouvelle bière dans la gamme, car j’ai pu trouver trace de notes de dégustations de celle-ci remontant à plusieurs années. Sa production aurait-elle en revanche été arrêtée entre temps ?
Comme la plupart des bières Unibroue, l’Eau Bénite est une reproduction de bière belge, en l’occurrence une triple. Sa robe est jaune-orangée et elle produit une mousse abondante qui se dissipe ensuite assez rapidement.
On retrouve toutes les caractéristiques habituelles des triples belges : épices, fruits (entre agrumes et fruits jaunes), une pointe d’amertume, et la levure maison bien présente. Toutefois rien ne la distingue particulièrement de ce qui se fait de mieux dans le genre, et j’aurais attendu un peu plus de malt sur celle-ci.
Une bière tout à fait acceptable d’une brasserie qui a prouvé qu’elle était toutefois capable d’émuler de meilleure façon d’autres styles belges.
Mikkeller Black Hole
Voici une bière que j’attendais au tournant ! Mikkeller est un spécialiste des bières extrêmes, il est donc normale que ses créations puissent polariser les opinions. Pour ma part, j’avais beaucoup aimé la Beer Geek Breafast il y a quelques mois, adoré plus récemment la It’s Alive, mais avait été très déçu par le Monk’s Elixir une semaine plus tôt.
Je me disais qu’avec cette Imperial Stout conçue dès le départ pour être “vulgaire et extrême” selon les propres dires de la brasserie, le potentiel était là.
Dans le verre, le liquide est parfaitement noir et ne mousse quasiment pas.
Les arômes sont riches et puissants, le café et chocolat dominant nettement le tout, avec en trame de fond le côté alcooleux et fruité de certains vins doux.
On retrouve tout cela en bouche, avec en plus une sensation très sirupeuse. Cela n’est pas un problème en soi, mais ce qui m’a en revanche plus gêné, c’est le côté vraiment trop sucré de cette bière. Ou même, disons le, le côté “trop tout”. Très sucrée, très alcoolisée, très maltée, très houblonnée… cela a l’apparence d’une bière faite par un geek pour les geeks. Malheureusement, il ne s’agit pas forcément de surcharger sa boisson de tout ce qui est attendu à des degrés divers dans une Imperial Stout pour en faire quelque chose de réellement intéressant.
Bref, voilà une preuve supplémentaire que si Mikkeller est clairement une brasserie tenue par quelqu’un de talentueux, il faut bien tolérer quelques errances de sa part, à l’image de cette bière très “show off”.
En revanche, je compte bien garder une autre bouteille pendant quelques années : une fois qu’elle aura un peu mangé son sucre, peut-être la redécouvrirai-je avec plus de plaisir.
St Peter’s Honey Porter
A l’inverse de Mikkeller, je considère plutôt St Peter’s comme une brasserie sérieuse, perpétuant une certaine tradition de bières anglaises. Leurs produits ne cherchent généralement pas à impressionner.
Je n’avais jamais goûté de bière au miel, mais selon St Peter’s, il s’agit d’une recette traditionnelle.
Au nez, on distingue beaucoup de malt et déjà quelques notes sucrées conférées par le miel. En bouche, c’est ce dernier qui joue les premiers rôles, sans que j’ai trouvé cela désagréable, d’autant que le houblon, sans être mis en avant, vient bien jouer son rôle en asséchant la finale.
Cet alliance de goûts de chocolat et de miel pourra probablement en lasser certains sur la longueur. Pour ma part j’ai beaucoup apprécié ce Honey Porter qu’il serait peut-être intéressant d’essayer d’associer à des mets bien choisis…
Fleurac Triple Brune IPA
L’IPA a décidément le vent en poupe en Europe continentale ! Alors que ce style était quasiment inexistant dans nos contrées il y a quelques années à peine, on voit fleurir diverses initiatives de brasseries françaises et belges. Et globalement, les résultats sont plutôt bons, et ont souvent fait taire mes craintes de simples répliques des IPA américaines.
Je connais encore mal la brasserie Fleurac, mais dernièrement la Noire aromatisée à la réglisse m’avait beaucoup plus. L’annonce de la commercialisation de cette IPA hors norme (brune et triple !?) dès début juin avait donc piqué mon intérêt.
Après l’avoir versée, cette bière brune développe une mousse blanche abondante et assez persistante. Au nez, le houblon est étonnamment peu présent, dominé par le malt torréfié. En bouche, c’est plutôt équilibré, entre malts torréfiés et sucrés et houblon asséchants et arômatiques. Toutefois, cette bière m’a paru légèrement trop sucrée pour être vraiment bien appréciée sur la longueur. Une belle réussite de cette brasserie française qui risque bien de gagner rapidement en notoriété.
BFM La Torpille
Bue pour la deuxième fois, toujours au bar.
Cette ale ambrée est brassée avec de la cannelle, des clous de girofle et des pruneaux.
Au nez, les épices ressortent plus, de même que les arômes légèrement maltés.
En bouche, en revanche, le pruneau se fait plus sentir derrière l’acidulé de cette bière plutôt rafraichissante.
Finalement peu de choses à dire de plus sur la Torpille, plutôt simple, mais à mon avis très bien réussie, parfaitement équilibrée… comme quoi il est possible de faire simple, bon et original !

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