[miam041] Tapaç 24
Arrivée à Barcelone. Sept heures de transit dans les jambes, ça creuse. Vite, il faut aller se goinfrer de tapas, histoire de se sustenter, bien sûr, mais également de goûter à l’ambiance de la ville. Peu aventureux de nature, j’avais déjà prévu le coup : ce soir là, ça sera Tapaç 24, un très populaire bar à tapas situé non loin de l’université de Barcelone, à proximité du vieux centre. Sa réputation tient notamment à la personne de son
fondateur, Carles Abellan. Ca ne vous dit probablement rien. A moi non plus, d’ailleurs, avant de “préparer” ce séjour. Ce chef a ouvert il y a quelques années un établissement à mi-chemin entre le restaurant et le bar à tapas aux accents modernistes et “globalisationnistes”, Commerç 24. Rien d’étonnant à cela lorsque l’on sait que Abellan a fait ses armes chez Ferran Adrià au célébrissime el Bulli – contre lequel j’ai une petite dent pour n’avoir pas accepté nos demandes de réservation pour 2009… il faut dire qu’avec moins d’une chance sur cent de décrocher une place, ça aurait été trop beau de gagner au premier coup ! Je m’égare. Le succès aidant, Abellan finit par ouvrir quelques temps plus tard un lieu plus traditionnel aux préparations néanmoins soignées, ce fameux Tapaç 24.
Nous arrivons donc en terre promise, à la Career de la Diputacio où, après une longue marche depuis notre hôtel. Il faut faire la queue, soyez prévenus. Arrivés relativement tôt (à l’échelle barcelonaise !), nous n’avons attendu que deux ou trois minutes. D’autres, moins chanceux ou en nombre plus important, ont dû patienter une bonne demi-heure en lorgnant sur les petits plats défilant sur les tables et au comptoir.
Quelques serveurs parlent anglais, mais pas tous. Evidemment, comme on ne parle pas un mot d’espagnol, on s’est retrouvé avec celui qui ne parlait pas un mot d’anglais (sans parler du français !). Le langage de l’estomac étant universel, on parvient tout de même à se faire comprendre sans trop de problème. Ah oui, j’oubliai, la carte traduite en anglais a légèrement aidé également ! Si l’on peut mettre un certain temps à faire son choix, étant donnée la longueur d ela carte, les plats arrivent et défilent en revanche extrêmement rapidement. Une bouchée par ci, gloup, gloup, une autre bouchée par là, re-gloup, et voilà que débarque une nouvelle assiette. On a encore faim, on recommande, même schéma. Et puis pouf, une fois tout ça terminé, plus rien. Comme on n’est pas des sauvages, on demande à payer, car on imagine vaguement que là-bas, ça se fait aussi. S’ensuit une longue attente. Ouf, la cuenta arrive. La carte était déjà astucieusement sortie, on la pose rapidement, mais il faut encore attendre. Bref, tout ça pour dire que si tout va très vite en cuisine, ça n’est pas forcément aussi simple niveau service, plus occupé à servir et desservir les tables qu’à encaisser. Ce qui est dommage c’est que tout ce temps là, on l’aurait bien pris pour manger un peu plus calmement. Mais ça tourne, ça défile, ça carbure ; ça bruisse et ça chauffe : pas question pour les estomacs de flancher ou pour les maxillaires de se décrocher ! Voilà pour l’ambiance.
Et comment on y mange à Tapaç 24 ? Dans l’ensemble, c’est plutôt bien, voire très bien. Le problème, c’est que nombre de plats sont gâtés par une utilisation plus que généreuse de la fleur de sel. Ainsi, après une appétissante tortilla, plutôt que d’en commander une seconde, on a plutôt envie de quelques litres de bière. Même le dessert, chocolat salé et huile d’olive était beaucoup beaucoup trop salé. Si le McFoie Burger, petit
hamburger dans lequel du foie gras est fondu sur le steak n’était pas mal du tout, c’est surtout le bikini que je retiendrais. Il s’agit d’un petit croque-monsieur à la mozzarella et jambon ibérique, ici agrémenté de brisures de truffes rendant le tout divin : on en a repris tant on a apprécié ! L’idée est vraiment simple, mais excellente, le genre de plat que l’on se voit bien faire à la maison.
A noter, ce dernier tapas est un des plats “signature” de Commerç 24, désormais servi à Tapaç 24. Je me demande si ça n’est pas également le cas du McFoie Burger. Pourquoi est-ce que je dis ça ? Simplement parce que j’ai l’impression que, finalement, malgré une différence de prix certaine, Commerç 24 est probablement bien plus intéressant que son petit frère… on verra ça la prochaine fois !




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