Archive for juillet 2008

[miam030] Un peu de manger et de boire à Londres

En 4 jours à Londres, j’ai du prendre 3 kilos. Il faut dire que les 4 pintes d’ale minimum quotidiennes + la nourriture anglaise de base pas spécialement adaptée à un régime équilibré font des miracles. Et malgré tout ça, je pense pouvoir affirmer n’avoir à peu près rien vu de ce que la ville peut offrir en matière de gastronomie, pas fait de gastropub – l’équivalent albion de nos bistro(« -nomiques », j’aime pas ce mot…) – par exemple, visité deux pubs seulement… Toutefois, quelques adresses intéressantes et d’autres à éviter
méritent d’être mentionnées.

Tout d’abord, l’incroyable bobo-wawacherie de Giraffe, cette petite chaîne locale de restauration qui sert du petit déjeuner au dîner en passant par tous les repas et grignotages intermédiaires que l’on peut imaginer. Lorsque l’on débarque directement de l’Eurostar et que l’on s’est levé à 4h30 le matin, on ne se sent pas tellement plus déphasé en arrivant dans cet espace aux couleurs chaudes,aux slogans dégoulinant bons sentiments et diffusant quelques morceaux de musique « world ».
Sur le papier, ça n’a pas spécialement grand chose pour plaire. Et pourtant, le service – exclusivement masculin là où nous étions, à Marylebone, est excellent de gentillesse et d’attention. Le brunch, classique au possible est exactement ce qu’il faut pour contenter un estomac vide et un corps fourbu. Les produits utilisés sont bons, c’est finalement peu gras, et les végétariens ne sont pas oubliés. Bon smoothies, cheesecake agréable également, des prix qui restent corrects : pas de quoi réveiller un mort, mais le potentiel de déception est limité, c’est exactement ce que j’attends d’une chaîne.

Quelques balades et heures de sieste plus tard, on se retrouve au Pride of Spitalfields, un petit pub situé dans une rue perpendiculaire à Brick Lane, connue pour être envahie par les « curry house » de qualité paraît-il très médiocre. Devant le pub, une clientèle plutôt jeune, sortant du boulot, pinte à la main. A l’intérieur, la moyenne d’âge double. Musique horrible et volume trop élevé. En ce qui concerne les bières, il y a le choix entre une petite demi-douzaine d’ales et quelques pressions. Les premières se révèlent plutôt fadasses dans l’ensemble, et à la pression, pas grand chose d’intéressant, exceptée la Guinness, sur laquelle je finis par me
rabattre. Un buffet froid est dressé dans un coin du pub : petits sandwiches, fromages, charcuteries et salades. Ca avait l’air appétissant, mais on s’apprêtait à quitter cet endroit que j’ai trouvé correct, mais quelconque, manquant de charme, pour se diriger vers notre restaurant du soir.

Et c’est à quelques hectomètres du Pride of Spitalfields, à Whitechapel plus précisément, que l’on pénètre au Tayyabs, une institution locale de la cuisine pakistanaise. Alors que je m’attendais à un petit bouiboui-cantine, on se retrouve dans un énorme réfectoire plein à craquer. Toutes les tables sont occupées, certes, mais surtout une queue d’une bonne cinquantaine de personnes s’est formée à l’intérieur. C’est un « BYOB » (« Bring Your Own Bottle »), donc on peut faire le pied de grue sa bière à la main. Maigre consolation, à mon avis : attendre 1h pour dîner, très peu pour moi. Fort heureusement, j’avais réservé, et j’en étais très fier.
Malheureusement, ça ne servait pas à grand chose : ils n’ont pas retrouvé mon nom, et s’ils ont pris, par politesse, mon numéro de réservation, je ne suis pas sûr qu’ils l’aient vérifié. Malgré tout, ça nous a permis d’éviter la queue et, dix minutes plus tard, nous étions attablés.
La carte est simple, on l’étudie rapidement en grignotant pappadoms et petite salade. Les grillades (poulet tandoori, seekh kebab) arrivent encore fumantes dans leur caquelon. Elles sont excellentes, les épices très bien dosées, la viande en elle-même plutôt correcte, rien à dire. Même constat pour les plats principaux (des « karahi », c’est le plat dans lequel la préparation est faite qui donne son nom au met, comme pour le tajine). Ils peuvent être commandés en portion « small » ou « large », avec une entrée et la plus petite portion, c’est largement suffisant pour ne plus ressentir la faim en sortant. De plus, pour 3 entrées, plats et kulfis, on s’en tire pour 42GBP, au regard de ce qui est offert, c’est donné.
En revanche, j’insiste une dernière fois : réservez, ou faites semblant de l’avoir fait en arrivant.

On devait aller prendre un petit-déjeuner chez Flâneur, restaurant-épicerie. C’était désert, ça avait l’air frais, fin, bon, tout simplement, mais on s’est fait refouler : le chef était absent ce matin là, et aucune idée de son heure d’arrivée. Las, on repart aussi sec et on finit avachis dans des canapés d’Amano, juste devant la Tate Gallery. Guère excitant, peut-être un poil cher pour ce que c’est, mais pas de grosse déception A midi, deux pintes de bière et un fish & chips très correct au Centre Page, à mi-chemin entre le Millenium Bridge et la cathédrale St-Paul.

Samedi soir, vacances ou pas, on reste pro : il s’agit donc de faire un tour au pub. Et là, au lieu de prendre place dans le premier troquet venu, on s’écarte radicalement du centre londonien pour nous retrouver entre Shoreditch et Islington au Wenlock Arms, connu pour servir une bonne sélection d’ales en tout genre, tournant très régulièrement.
Après quelques hectomètres de marche, on commence à se demander où l’on est. Et pourtant, au milieu de ce quartier résidentiel sans charme et désert, on finit par arriver au Wenlock Arms. Un chien, trois vieux, pintes et cigarettes roulées à la main, ça discute entre voisins.
A l’intérieur, il y a quelques clients bien plus jeunes, disons que ça va de 45 à 60 ans. Surprise, derrière le bar, ce sont trois gamins, dont la somme des âges doit probablement rester inférieure à celui du doyen de l’établissement.
Alors forcément, avec nos gueules de touristes jeunots un peu paumés, sac à dos sur les épaules, ça jure un peu. On nous regarde… oh pas méchamment, mais on sent la surprise, voire l’incrédulité chez quelques uns. Ceci dit, on a soif, et on aimerait être enfin convaincus par les ales anglaises. On part directement sur les plus alcoolisées en espérant que ça change de l’eau gazeuse houblonnée bue la veille au soir : une pinte de « Wish You Were Here » et une Alehouse Big Ape (pour autant que je me souvienne). La première, ayant pourtant le degré d’alcool le plus fort, se boit finalement très facilement, et manque un peu d’arômes et de complexité à mon goût. La Big Ape se révèle bien plus intéressante, avec des saveurs de houblon plus
puissantes. Alors qu’on buvait dehors, sans trop savoir si l’on devait rester ou non, on rentre et on s’asseoit sur une banquette pour la deuxième tournée : Millis Blackcurrant Booty et Dark Star Dickhead. Si cette dernière était excellente, a première s’avère bien trop marquée par le fruit, et écoeurante à la longue. Alors que le pub commence à se remplir un peu (il devait alors être 20h), on découvre un peu plus l’intérieur. C’est, au contraire d’un Spuyten Duyvil, par exemple, 100% authentique : tapis usé, bouteilles et boiseries poussiéreuses… On y vient entre amis, du quartier, ou en tant que fin connaisseur. En effet, à côté de nous, deux hommes commandent chacun des demi-pintes d’à peu près toutes les bières disponibles, les  observent avec un regard savant, les hument, les goûtent, parcourent des classeurs contenant des dizaines de pages, puis notent leurs observations sur un calepin. On est intimidé, par le fait de faire tâche,  notamment, on n’ose donc leur demander ce qu’ils font de leurs observations. Réponse partielle : l’un d’eux au moins semble actif sur ratebeer.com… avec près de 4000 fiches de dégustation au compteur. Il commence à faire faim : y a-t-il à manger ? Bien sûr… je me lance, complètement au hasard, sur le salt beef sandwich. Quelques minutes plus tard arrivent, deux larges tranches de pain de mie emprisonnant le fameux « salt beef », un peu de moutarde. Ca n’est pas spécialement bon, c’est probablement le niveau 0 de la diététique, mais ça cale. De toute façon, pour trouver autre chose à grignoter à moins de 15 min de marche à la ronde, bonne chance !

On finit par quitter ce bar dont je recommande finalement chaudement la visite, au moment où cela commençait à s’animer, avec dans l’idée d’aller déguster une meatpie sur Hoxton. Ca n’est pas tout prêt,  mais le plus simple reste encore une fois la marche à pieds. De nouveau, on circule dans ces quartiers d’immeubles décrépits : au moins, on est probablement sorti des sentiers battus sur ce coup là. En revanche, dommage pour nous, le samedi soir, F. Cooke est fermé. Deuxième loupé de la journée. C’est pas grave, on redescend la rue jusqu’à Hoxton Square. Et alors que l’on avait dû croiser une demi douzaine de personnes au maximum, on se retrouve sur une place bondée. Et encore une fois, pas d’uniformité : quelques établissements sont à demi vides, tandis qu’une queue d’une vingtaine de mètres se formait ailleurs. On cherche un coin pour manger, et l’on finit, plus par défaut qu’autre chose, au Miso Noodle Bar. Les plats, à première vue, et première bouchée, paraissent corrects. Malheureusement, on déchante quasi-immédiatement : c’est sans saveur, fade, triste, gras. Seul mérite : c’est copieux, mais il faut être motivé pour finir tout ça.

Dimanche midi, bons paninis dans une petite échoppe fréquentée par les ouvriers du coin, près de Buckingham Palace. C’était finalement bien plus intéressant que le château, en tout cas. Le soir, on avait une réservation au Ledbury, ça fera l’objet d’un autre post.

Lundi midi, on déjeune au Porters English Restaurant, principalement pour sa proximité avec Floral Street. Si les Meat pie et saucisses de sanglier étaient acceptables, en revanche, les puddings servis en dessert n’avaient aucun intérêt.
Après les emplettes, on décide de boire un verre en terrasse, quelque part. Malheureusement, dans ce quartier, difficile de trouver quelque chose qui semble intéressant. On finit dans un « All Bar One », chaîne de bars à vin. On s’asseoit en terrasse une petite demi-heure. Deux personnes derrière le bar, peu de clients, et pourtant chaque opération (servir un café, encaisser…) semble leur prendre des heures. Personne ne vient prendre notre commande, je vais donc la passer directement au comptoir. Au final, je me retrouve avec un
expresso foiré et tiédasse : on aurait peut-être dû profiter de la terrasse sans consommer, vu que ça n’avait pas l’air de les inquiéter !

Enfin, si le Marks&Spencer de la garde de St-Pancras était archi-bondé, on parvient tout de même à choisir quelques club sandwiches pour le retour. On finira par les manger à la maison plutôt que dans le train, mais ils étaient en tout cas excellents.

Bravo si vous êtes arrivés jusque là, j’ai juste fini de taper les derniers paragraphes car ça traînait dans mes drafts, pas sûr que ça en valait la peine.

Giraffe
6-8 Blandford Street W1U 4AV
020 7935 2333
http://www.giraffe.net

Pride of Spitalfields
3 Heneage Street, London, E1 5LJ
020 7247 8933

Tayyabs
83-89, Fieldgate St. London E1 1JU
020 7247 6400
http://www.tayyabs.co.uk/

Flâneur
41 Farringdon Road, London EC1M 3JB
020 7404 4422
http://www.flaneur.com

Amano Cafe
Victor Wharf
Clink St, Southwark, London SE1
http://www.amanocafe.com/

The Centre Page
29 Knightrider Street, London, EC4V 5BH
020 7236 3614

The Wenlock Arms
26, Wenlock Road London N1 7TA
020 7608 3406
http://www.wenlock-arms.co.uk/

Miso Noodle Bar
45-47 Hoxton Square, Shoreditch, N1 6PB
020 7613 5621
http://www.misonoodlebar.co.uk/

Porters English Restaurant
17 Henrietta Street, Covent Garden, London WC2E 8QH
Tel: 020 7836 6466
http://www.porters.uk.com/